Planète
Jean-Louis Étienne repart en mission pour les glaces australes
À 79 ans, le célèbre explorateur français embarque pour une nouvelle campagne scientifique en Antarctique, avec pour objectif de documenter les effets du changement climatique et de plaider pour la sanctuarisation de ces écosystèmes uniques.
Le médecin et aventurier Jean-Louis Étienne s’apprête à reprendre la mer pour une expédition de deux mois dans les eaux glacées de l’Antarctique. Baptisée « Persévérance en Antarctique », cette mission scientifique quittera la Nouvelle-Zélande à la mi-janvier pour sillonner la mer de Ross et la mer Dumont d’Urville. Elle vise à enrichir les connaissances sur ce continent, dont la superficie équivaut à vingt-huit fois celle de la France et qui concentre l’essentiel des réserves de glace de la planète.
À bord du navire, une instrumentation de pointe permettra de recueillir des données essentielles. Les chercheurs étudieront les paramètres météorologiques, inventorieront la faune marine, analyseront la présence de polluants atmosphériques et évalueront l’état du phytoplancton, base de la chaîne alimentaire. Pour l’explorateur, cette collecte est cruciale. Les régions polaires, affirme-t-il, constituent des sentinelles du dérèglement climatique, dont les transformations sont particulièrement visibles.
L’homme, qui fut le premier à rallier le pôle Nord en solitaire en 1986 et traversa intégralement l’Antarctique à la fin des années 1980, constate avec amertume l’évolution du paysage. Une partie de la banquise a aujourd’hui disparu, sous l’effet du réchauffement des eaux de surface et de la montée du niveau des océans. Au-delà de cette menace climatique, la pression de la pêche industrielle, notamment celle ciblant le krill, représente un danger majeur pour la biodiversité de la zone. Ce petit crustacé est en effet un pilier de l’écosystème local.
C’est pourquoi Jean-Louis Étienne défend avec force la création de nouvelles aires marines protégées. L’expédition contribuera d’ailleurs à évaluer les effets de celle établie il y a une décennie en mer de Ross, tandis qu’un projet de sanctuaire dans l’Antarctique Est, porté par plusieurs pays, est actuellement à l’étude. Au total, quatre propositions de protection sont en discussion au sein de l’organisme international en charge de la conservation marine dans cette région. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements français, qui prévoient de placer sous protection forte dix pour cent de son territoire terrestre et maritime d’ici à 2030.
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