Monde
Genève, ultime tentative de dialogue sur l’Ukraine


Les représentants de Moscou, Kiev et Washington se retrouvent mardi en Suisse pour une nouvelle session de négociations, dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités et des positions apparemment inconciliables sur le terrain.
Une nouvelle série de discussions diplomatiques s’ouvre ce mardi à Genève, réunissant des délégations russe, ukrainienne et américaine. L’objectif affiché est de rechercher une issue à un conflit entré dans sa cinquième année, après que deux rounds de pourparlers organisés aux Émirats arabes unis n’aient pas permis de débloquer la situation. Les échanges s’appuient sur un cadre proposé par Washington il y a plusieurs mois, qui envisagerait, selon certaines interprétations, des ajustements territoriaux en contrepartie d’engagements de sécurité occidentaux pour Kiev.
Le principal point de friction reste le sort du bassin industriel du Donbass. Les autorités russes exigent un retrait des forces ukrainiennes des zones qu’elles contrôlent encore dans l’oblast de Donetsk, une demande jugée inacceptable par le gouvernement ukrainien. L’administration américaine, à l’initiative de ce processus, multiplie les appels à une résolution par la voie des négociations. Le président américain a récemment exhorté Kiev à s’engager pleinement dans le dialogue, affirmant que Moscou serait disposé à parvenir à un arrangement.
Du côté russe, on se montre prudent quant aux perspectives de succès. Un haut diplomate a souligné lundi l’ampleur des divergences restant à surmonter, tout en réaffirmant la volonté de son pays d’aboutir non pas à un simple cessez-le-feu, mais à un règlement global adressant les causes profondes du conflit. La composition de la délégation russe, conduite par une figure politique et historique plutôt que strictement militaire, laisse entendre que l’agenda pourrait s’élargir aux dimensions politiques du dossier.
À Kiev, le scepticisme demeure palpable. Le président ukrainien a régulièrement mis en doute la sincérité des intentions russes, pointant du doigt la continuation des frappes aériennes massives sur les infrastructures énergétiques du pays. Il a réitéré son refus catégorique de toute cession de territoire, estimant qu’une telle exigence était irréaliste. Pour les autorités ukrainiennes, seule une pression internationale soutenue sur Moscou, couplée à des garanties de sécurité solides, pourrait permettre une paix durable. Elles notent par ailleurs avec amertume l’absence des partenaires européens à la table des discussions, une exclusion qualifiée d’erreur stratégique.
Ces pourparlers s’ouvrent dans un contexte militaire toujours actif. Les forces ukrainiennes ont récemment mené des opérations leur ayant permis de regagner du terrain, selon certaines analyses, illustrant la volatilité persistante de la ligne de front. Cette nouvelle rencontre à Genève apparaît ainsi comme un test crucial pour déterminer si une voie diplomatique reste envisageable, ou si les dynamiques de guerre continueront de primer.





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