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Funérailles de Khamenei le régime iranien veut rassembler les foules
Des millions d’Iraniens sont attendus pour les obsèques du guide suprême, tué par une frappe fin février. Derrière l’hommage, le pouvoir cherche à montrer…


Des millions d’Iraniens sont attendus pour les obsèques du guide suprême, tué par une frappe fin février. Derrière l’hommage, le pouvoir cherche à montrer sa résilience face à ses ennemis.
C’est un événement hors norme. Quinze à vingt millions de personnes rien que dans la capitale Téhéran, six jours de cérémonies à travers tout le pays. Les préparatifs s’accélèrent pour enterrer l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême décédé dans une frappe israélo-américaine qui avait déclenché la guerre. Les hommages débutent samedi 4 juillet au Grand Mossalla de Téhéran, un vaste complexe religieux dont la façade a déjà été recouverte du portrait du défunt. Ensuite, le cortège se déplacera vers les villes saintes de Qom et Mashhad, puis traversera la frontière irakienne pour des cérémonies à Nadjaf et Karbala. Une trentaine de pays, dont la Chine et la Russie, enverront des représentants.
Mais au-delà du deuil, cet immense rassemblement est une opération politique. Les dirigeants iraniens veulent montrer que la République islamique tient bon après une guerre existentielle contre les États-Unis et Israël. Un haut responsable religieux a parlé de « référendum pour le régime ». Pour s’assurer une foule massive, l’État a tout prévu bus et trains réquisitionnés, hébergements gratuits, nourriture, réductions d’hôtels. Les écoles, mosquées et gymnases sont transformés en dortoirs. Même l’accès à internet est amélioré le long des parcours pour que les participants puissent partager des images, un geste rare de la part d’un régime qui contrôle habituellement très sévèrement les communications et n’hésite pas à couper le réseau lors des contestations.
Ces funérailles sont aussi un test pour l’avenir du pouvoir. La guerre a laissé des traces. Le régime est plus essoufflé qu’en 1989, lors des obsèques du premier guide suprême Khomeini, où des millions de personnes avaient envahi les rues dans un chaos fervent. Aujourd’hui, une partie de la population est épuisée par des décennies de sanctions économiques, l’inflation et une répression sévère. Deux mois avant sa mort, de nouvelles manifestations avaient ciblé Khamenei avant d’être matées dans le sang. Et le mystère plane sur la succession. Mojtaba Khamenei, le fils du guide, blessé dans la même frappe, n’est plus apparu publiquement depuis plusieurs mois. Son état de santé reste incertain, ce qui ajoute une inconnue de taille à l’équation politique iranienne.





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