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Frappes israéliennes au Liban : un bilan qui s’alourdit encore

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Au moins quatorze personnes, dont trois enfants, ont perdu la vie jeudi dans des bombardements israéliens dans le sud du Liban, alors que l’État hébreu étend sa zone de combat face au Hezbollah, en dépit d’un cessez-le-feu officiellement en vigueur.

Les raids se sont intensifiés alors que les deux pays s’apprêtent à participer à une réunion militaire à Washington vendredi, suivie d’une nouvelle session de négociations les 2 et 3 juin. Ces développements interviennent également en pleines discussions entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran cherchant à inclure le front libanais dans tout accord futur.

Dans la ville côtière de Saïda, qui relie Beyrouth au sud du pays, une frappe a visé un immeuble résidentiel aux alentours de deux heures du matin, heure locale. L’attaque a fait cinq morts et vingt et un blessés, selon le ministère de la Santé. Les deux premiers étages du bâtiment ont été soufflés, et les équipes de secours ont œuvré toute la nuit pour dégager les victimes.

Une autre attaque, menée par drone à l’aube, a ciblé une voiture circulant sur une autoroute de la même région. Six personnes ont trouvé la mort, dont deux enfants et leurs parents, a précisé le ministère. Plus au sud, en plein centre de Tyr et dans ses environs, plusieurs frappes ont été signalées après que l’armée israélienne a ordonné l’évacuation des habitants. L’une d’elles a touché une moto près d’une caserne militaire, tuant deux ressortissants syriens, dont un enfant. Un photographe de l’AFP a observé un épais nuage de feu et de fumée s’élevant au milieu des détonations.

L’armée libanaise a également annoncé la mort d’un de ses soldats dans une frappe israélienne, alors qu’il circulait sur une route dans la région de Nabatiyé. Malgré les bombardements, des habitants de Tyr refusent de quitter leur ville. « Nous restons ici, c’est notre pays, notre terre, notre vie », a déclaré Ghazouane Halawani, qui réside près d’un immeuble touché.

Israël a renforcé ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l’est et le sud du Liban, après avoir averti qu’il considérait comme zone de combat tout le territoire libanais situé au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. De son côté, le Hezbollah continue de revendiquer des tirs et des attaques de drones contre les forces israéliennes qui tentent d’avancer dans le sud.

Le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 17 avril, n’a jamais été pleinement respecté. Les deux parties s’accusent mutuellement de le violer et justifient leurs actions par les infractions présumées de l’autre camp. Depuis cette date, l’armée israélienne poursuit ses frappes et ses opérations militaires au Liban. Le Hezbollah, après avoir d’abord concentré ses tirs sur les soldats israéliens déployés dans le sud, a multiplié les attaques de drones explosifs sur le nord d’Israël à la suite de l’assassinat d’un de ses chefs militaires dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 6 mai.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional lorsque le Hezbollah a ouvert un front contre Israël le 2 mars, en soutien à l’Iran après l’attaque israélo-américaine du 28 février. Depuis lors, les frappes israéliennes ont tué 3 269 personnes au Liban, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Côté israélien, 23 soldats et un civil travaillant pour l’armée ont perdu la vie.

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