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Frappe israélienne sur Tyr après la déclaration d’une vaste zone de combat dans le sud du Liban

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L’armée israélienne a annoncé avoir bombardé la ville de Tyr, au sud du Liban, un jour après avoir qualifié de « zone de combat » l’ensemble du territoire situé au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Les forces israéliennes ont ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d’évacuer, en prévision d’un recours à la force, avant de confirmer le déclenchement de frappes contre des infrastructures du Hezbollah dans ce secteur. L’Agence nationale d’information libanaise a fait état de deux vagues de bombardements jeudi matin, touchant un bâtiment et provoquant un incendie dans la ville. Par ailleurs, l’armée israélienne a indiqué avoir intercepté une cible aérienne suspecte qui se dirigeait vers ses positions dans le sud du Liban.

Cette escalade intervient alors que les opérations terrestres et aériennes israéliennes s’intensifient dans l’est et le sud du pays voisin. Le Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien, a rapporté des combats directs avec les forces israéliennes, en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s’accusent mutuellement de violer. Alors que de nombreux Libanais s’apprêtent à célébrer l’Aïd al-Adha, l’armée israélienne a appelé les populations du sud à se replier au nord du fleuve Zahrani.

Ces affrontements surviennent à la veille d’une réunion militaire bilatérale prévue vendredi au Pentagone, et avant de nouvelles sessions de négociations sous médiation américaine les 2 et 3 juin. Le Hezbollah a revendiqué des tirs et des attaques de drones contre des troupes israéliennes tentant de s’infiltrer dans la localité de Zawtar el-Charqiyé, située en bordure de la ligne jaune, une bande d’une dizaine de kilomètres que l’armée israélienne contrôle dans le sud du Liban. Les forces israéliennes y mènent des opérations de démolition et en interdisent l’accès aux habitants.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a rouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran, après l’attaque israélo-américaine du 28 février. Les frappes israéliennes ont causé la mort de 3 269 personnes depuis cette date, selon le dernier bilan du ministère de la Santé libanais. Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr. Des secouristes ont été vus extrayant un corps des décombres tandis qu’une pelleteuse dégageait des gravats. Dans l’ouest de la Bekaa, la localité de Machghara, qui abritait des centaines de familles déplacées, est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens. Son maire craint que la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, ne se transforme en arrière-front.

Une délégation militaire libanaise, dirigée par le général Georges Rizkallah, doit rencontrer des militaires israéliens vendredi. Elle insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l’armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et à étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire libanais.

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