Monde
Exode massif depuis les centres de fraude birman vers la Thaïlande
Plus d’un millier d’individus, principalement des ressortissants étrangers, ont franchi la frontière ces derniers jours après une opération militaire ciblant un complexe criminel majeur.
Une fuite coordonnée a conduit plus de mille personnes à quitter la Birmanie pour la province thaïlandaise de Tak cette semaine. Ce mouvement survient à la suite d’un raid mené par l’armée birmane dans le complexe de KK Park, l’un des principaux centres de cybercriminalité opérant près de la frontière. Les autorités provinciales thaïlandaises ont confirmé l’arrivée de 1 049 personnes entre mercredi et vendredi matin, dont une majorité de citoyens chinois, mais également des ressortissants d’une quinzaine d’autres nationalités.
Les traversées se sont effectuées par la rivière Moei, où des embarcations précaires ont été utilisées sous la surveillance des forces de sécurité thaïlandaises. Les nouveaux arrivants ont été soumis à des fouilles et leurs appareils électroniques saisis dans le cadre des procédures d’identification. Certains témoignages recueillis par des médias locaux évoquent des conditions de départ précipitées, avec des individus armés présents sur les lieux.
La junte birmane affirme avoir procédé à l’arrestation de 118 étrangers dans la zone de KK Park, accusés d’immigration illégale et d’implication dans des escroqueries en ligne. Cette opération s’accompagne de la saisie de plusieurs dizaines de terminaux Starlink, dont l’usage s’était généralisé dans ces centres de fraude. Le fournisseur d’accès a d’ailleurs annoncé la désactivation de milliers de récepteurs utilisés par ces réseaux criminels.
Les complexes frauduleux, souvent contrôlés par des groupes criminels chinois en collaboration avec des milices locales, se sont multipliés dans les régions frontalières peu sécurisées depuis le début du conflit civil birman. Si les autorités militaires birmanes subissent des pressions internationales, notamment de la Chine, pour démanteler ces activités, les observateurs estiment que les actions menées restent largement symboliques. L’industrie de la cyberfraude en Asie du Sud-Est générerait des revenus annuels avoisinant les 37 milliards de dollars selon les Nations unies.
Les personnes ayant franchi la frontière font maintenant l’objet d’enquêtes visant à déterminer leur statut, entre victimes de traite et participants volontaires aux activités illégales. Leur régularisation ou leur éventuelle poursuite judiciaire pour entrée illégale sur le territoire thaïlandais dépendra des conclusions de ces investigations.
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