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La canicule lâche prise, les hôpitaux gardent la main

Après onze jours d’une chaleur record, la France retrouve un peu d’air frais. Mais le corps humain encaisse le coup avec retard, et les services d’urgence…

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La canicule lâche prise, les hôpitaux gardent la main

Après onze jours d’une chaleur record, la France retrouve un peu d’air frais. Mais le corps humain encaisse le coup avec retard, et les services d’urgence restent sous pression maximale.

Dès ce dimanche matin, la vigilance rouge a presque disparu de la carte. Seuls le Bas‑Rhin et le Haut‑Rhin restent en alerte maximale jusqu’à 22h. Partout ailleurs, un air plus frais arrive par l’ouest et le nord‑ouest. Les nuits tropicales, où le thermomètre ne descend jamais sous les 20°C, prennent fin. Un vrai soulagement pour les millions de Français qui ont perdu le sommeil depuis une semaine et demie. À Strasbourg, une habitante de 37 ans raconte survivre avec quatre à cinq heures de sommeil alors qu’elle en a besoin de six ou sept. Pourtant, il ne faut pas croire que la partie est gagnée. La chaleur laisse des traces profondes dans les organismes, et les hôpitaux le ressentent déjà.

Les effets sanitaires d’une canicule ne disparaissent pas avec la baisse du mercure. Ils se manifestent souvent avec un décalage de plusieurs jours. Les services de Matignon le rappellent clairement. Les déshydratations, les décompensations de maladies chroniques et les hospitalisations différées vont rester élevées pendant un moment. À Paris, l’Assistance publique a enregistré samedi 36% de passages aux urgences de plus qu’un jour normal. Les arrêts cardiaques sont toujours nombreux. En Moselle et en Île‑de‑France, le plan blanc a été déclenché. L’adjoint à la santé de la capitale parle même d’une saturation exceptionnelle des établissements parisiens. Les funérariums aussi commencent à saturer, surtout dans les grandes villes. À Paris, les deux chambres funéraires intra‑muros n’ont plus de place et doivent se tourner vers la petite couronne. On est loin des images de 2003, quand la catastrophe avait poussé à utiliser le marché de Rungis comme morgue. Mais la situation est tendue.

Météo‑France considère cet épisode comme plus intense que celui d’août 2003, et d’une durée équivalente. À l’époque, la canicule avait causé environ 15 000 morts. Pour l’été 2025, Santé publique France avait déjà recensé 5 700 décès liés à la chaleur. Et ce n’est pas fini. Les autorités redoutent une hausse des morts, surtout à domicile. Pour limiter la pression sur les urgences, 64 événements sportifs et 14 événements culturels ont été interdits. Autre conséquence indirecte les noyades explosent avec 74 décès depuis le 18 juin. Les soldes d’été, elles, patinent à cause de la chaleur. Les clients ont fui les magasins. Le ministre du Commerce et le Premier ministre ont donc décidé de les prolonger d’environ une semaine. Le répit météo est là, mais l’onde de choc sanitaire, elle, continue de déferler.

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