Économie
Deux visions, une famille déchirée par l’enjeu pétrolier en Norvège

Un ministre et son cousin, militant écologiste, incarnent le clivage profond qui traverse le pays sur la question des énergies fossiles.
En Norvège, une divergence radicale oppose deux membres d’une même famille, symbolisant les tensions qui agitent le royaume autour de son industrie pétrolière. D’un côté, Andreas Bjelland Eriksen, ministre du Climat et de l’Environnement, défend une approche pragmatique visant à concilier développement économique et transition énergétique. De l’autre, son cousin Vebjørn Bjelland Berg, militant au sein du mouvement Extinction Rebellion, s’apprête à entamer une grève de la faim pour exiger l’arrêt immédiat de l’exploitation des hydrocarbures.
Le jeune homme de 29 ans, originaire de Stavanger, cœur historique de l’industrie pétrolière norvégienne, dénonce une contradiction insoutenable. « Cette richesse accumulée grâce au pétrole se fait au détriment de vies humaines et de l’équilibre climatique », affirme-t-il. Son action intervient à quelques semaines des élections législatives, où la question énergétique promet d’être un sujet clivant. Si certains partis plaident pour une sortie progressive des énergies fossiles, les principales formations politiques, dont les travaillistes au pouvoir, entendent préserver ce pilier de l’économie nationale.
Le fonds souverain norvégien, alimenté par les revenus pétroliers, représente aujourd’hui une manne colossale de 1 700 milliards d’euros. Une prospérité qui, selon Vebjørn, repose sur une « injustice morale », les conséquences du réchauffement climatique frappant en priorité les populations les plus vulnérables. Le ministre, quant à lui, se garde de commenter directement les initiatives de son cousin, tout en reconnaissant l’urgence climatique. « La transition doit s’appuyer sur un consensus large pour être pérenne », souligne-t-il.
Unis par le drame d’Utøya en 2011, où ils avaient survécu à l’attaque d’Anders Behring Breivik, les deux cousins entretiennent des rapports respectueux malgré leurs désaccords. « Notre relation reste forte, même si nos convictions nous éloignent sur certains points », confie le militant. Une distance qui se reflètera dans les urnes en septembre, où Vebjørn a déjà annoncé qu’il ne voterait pas pour le parti de son cousin.

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