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Deux oligarques, un blocage et un compte à rebours pour l’Europe

L’Union européenne n’arrive pas à valider le retrait de deux hommes d’affaires russes de sa liste de sanctions. Un seul pays bloque tout, et le temps…

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Deux oligarques, un blocage et un compte à rebours pour l'Europe

L’Union européenne n’arrive pas à valider le retrait de deux hommes d’affaires russes de sa liste de sanctions. Un seul pays bloque tout, et le temps presse avant l’expiration du dispositif.

L’accord semblait bouclé. Il ne l’est pas. Réunis pour reconduire le régime de sanctions visant près de 3 000 personnes et entités accusées de soutenir la guerre russe en Ukraine, les Vingt-Sept ont vu leurs discussions achopper sur deux noms. La France demande que l’oligarque russo-ouzbek Alicher Ousmanov sorte de la liste. Le Luxembourg, de son côté, réclame la même clémence pour l’homme d’affaires Mikhaïl Fridman. Problème, la Lettonie s’y refuse catégoriquement, et sans son feu vert, rien ne peut avancer.

Sur les sanctions, la règle est simple et impitoyable. Toute décision exige l’unanimité des 27 États membres, et un seul refus suffit à tout faire capoter. C’est exactement ce qui s’est produit, obligeant à repousser les négociations à ce mardi matin. Une réunion de la dernière chance, alors que le couperet tombe mercredi à minuit. Si aucun compromis n’émerge d’ici là, l’ensemble des mesures prises contre Moscou tombera purement et simplement.

Côté français, on évoque des « raisons de sécurité nationale », sans vouloir en dire davantage. En coulisses, cette demande serait liée à un accord de libération de prisonniers impliquant des citoyens français retenus en Azerbaïdjan. Le Luxembourg, lui, avance dans le sillage de Paris pour Fridman. Une position qui hérisse bon nombre de partenaires européens, mais aussi Kiev.

Le message envoyé à Moscou, lui, inquiète. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé les Vingt-Sept à ne pas lâcher. Pour elle, les sanctions doivent rester « le cœur » de la politique européenne de pression sur la Russie. Elle a aussi insisté sur la nécessité de stabilité, avec des mesures qui tiennent dans la durée, et rappelé qu’un nouveau paquet de sanctions était en préparation.

La réaction ukrainienne n’a pas tardé. Pour le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, retirer ces deux hommes de la liste serait « inacceptable » et enverrait un très mauvais signal à Moscou, au moment précis où la pression devrait monter d’un cran. Le président Volodymyr Zelensky avait lui-même mis en garde la semaine passée, jugeant qu’il n’était « certainement pas le moment de lever les sanctions » ni de « faire des cadeaux à la Russie ».

Qui sont les deux hommes concernés ? Alicher Ousmanov, d’origine ouzbèke, a bâti sa fortune dans la métallurgie avant de s’imposer dans le géant internet russe Mail.Ru. Il a aussi compté parmi les principaux actionnaires du club de football anglais Arsenal. Mikhaïl Fridman, lui, figure au premier rang des actionnaires d’Alfa Group, un conglomérat qui abrite Alfa Bank, l’une des principales banques russes, elle-même visée par les sanctions européennes. Concrètement, figurer sur cette liste signifie avoir ses avoirs gelés et se voir interdire l’entrée sur le territoire des Vingt-Sept.

Reste une question de fond. Ce dispositif doit être renouvelé tous les six mois, et l’échéance, déjà décalée une fois, tombe mercredi. Pour éviter de revivre ce casse-tête, les Vingt-Sept se sont entendus pour porter ce délai à 36 mois. Mais là encore, tout dépendra de l’issue des discussions de mardi. Un accord, ou la fin pure et simple des sanctions européennes contre Moscou.

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