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Dernière déclaration de Cédric Jubillar avant le verdict

L’accusé a une nouvelle fois clamé son innocence face à la cour d’assises du Tarn, quelques heures avant que ne soit rendue la décision concernant la disparition de son épouse.
Vendredi matin, Cédric Jubillar a proféré ses ultimes mots devant les magistrats, affirmant n’avoir « absolument rien fait » à Delphine, son épouse portée disparue depuis décembre 2020. L’homme de 38 ans, pâle et marqué par la fatigue, s’est exprimé brièvement après y avoir été invité par la présidente de la cour, conformément aux dispositions du code de procédure pénale. Son intervention, brève et dépourvue d’émotion visible, a été qualifiée par l’avocat des frères et sœur de la disparue de « désincarnée », à l’image de ses précédentes prises de parole.
La cour doit désormais répondre à une question centrale : Cédric Jubillar est-il coupable d’avoir volontairement donné la mort à son épouse dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines ? Neuf membres du jury – trois magistrats professionnels et six jurés populaires – devront se prononcer. Une condamnation exige au moins sept voix favorables, tandis que trois suffisent à prononcer un acquittement.
Tout au long de l’audience, l’accusé est resté stoïque, bien que régulièrement agité de mouvements nerveux. Depuis l’ouverture des débats, il n’a jamais varié dans ses dénégations, répétant contester fermement les faits qui lui sont imputés. Jeudi, ses défenseurs ont concentré leurs plaidoiries sur l’absence de preuves matérielles et la fragilité des indices retenus. Me Emmanuelle Franck a souligné qu’un crime passionnel, souvent désordonné, laisse habituellement de multiples traces, ce qui n’a pas été constaté en l’espèce. Son confrère, Me Alexandre Martin, a pour sa part dénoncé une instruction « à charge » et un scénario construit a posteriori.
À l’inverse, l’accusation et les parties civiles ont défendu la cohérence des éléments rassemblés. L’avocat général a rappelé que l’enquête s’appuie sur plusieurs expertises, de nombreux témoignages et les conclusions d’un chien pisteur indiquant que Delphine Jubillar n’était pas sortie de son domicile la nuit des faits. Pour Me Laurent Boguet, représentant les enfants du couple, l’accusé a non seulement tué son épouse, mais il a aussi tout mis en œuvre pour faire disparaître son corps. L’absence d’aveu a également été relevée comme un élément susceptible d’influencer la sévérité de la peine.
Le verdict, attendu dans l’après-midi, mettra un terme à quatre semaines d’audience. Quelle que soit l’issue du procès, la décision sera contestée en appel, un nouveau procès étant d’ores et déjà envisagé pour 2026.

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