Monde
Dengue au Bangladesh : une épidémie qui explose dans des conditions sanitaires alarmantes


Le virus de la dengue frappe de nouveau le Bangladesh, submergeant des hôpitaux déjà saturés. Les experts pointent du doigt le manque d’eau potable et les conséquences du dérèglement climatique.
Une recrudescence inquiétante de la dengue secoue actuellement le Bangladesh, en particulier dans les régions côtières. Les établissements de santé, débordés, doivent soigner les malades à même le sol, faute de lits disponibles. Les spécialistes attribuent cette flambée épidémique à la pénurie d’eau potable dans les zones deltaïques, aggravée par les bouleversements climatiques.
À Barisal, une jeune mère de famille a succombé à la maladie, laissant derrière elle une fillette de deux ans désemparée. Son mari raconte avec douleur les derniers instants de son épouse, emportée par une fièvre foudroyante. Cette tragédie illustre la gravité de la situation dans un pays où près de la moitié des 7 500 cas recensés cette année proviennent de ce seul district. Bien que le bilan actuel reste inférieur à celui de 2023 – marqué par plus de 200 000 infections et 1 700 décès –, les autorités locales tirent la sonnette d’alarme.
À Barguna, les services sanitaires sont submergés. Plus de 200 patients ont été hospitalisés, forçant le personnel médical à improviser des espaces de soins au sol. Selon un épidémiologiste de Dacca, cette crise sanitaire trouve en partie son origine dans l’absence d’infrastructures adéquates pour l’approvisionnement en eau. Les habitants, privés de réseaux fiables, stockent l’eau de pluie dans des récipients, créant ainsi des gîtes idéaux pour la prolifération des moustiques vecteurs de la dengue.
Les scientifiques soulignent également l’impact des tempêtes plus fréquentes et intenses, qui charrient l’eau salée vers les terres, contaminant les réserves d’eau douce. Face à cette situation, les experts insistent sur l’urgence de supprimer les eaux stagnantes, mais les mesures peinent à être appliquées.
Historiquement présente depuis les années 1960, la dengue a connu sa première épidémie majeure au Bangladesh en 2000. Aujourd’hui, l’OMS alerte sur l’accélération mondiale de cette maladie, favorisée par la hausse des températures. Près de la moitié de l’humanité serait désormais exposée à ce risque.
Les familles touchées, comme celle de Rakibul Islam Rajan, dénoncent l’inaction des autorités. « Ma femme est morte de la dengue, combien d’autres suivront ? », interroge-t-il, amer. Dans un contexte où les conditions météorologiques deviennent de plus en plus propices aux épidémies, la question de la prévention reste entière.





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