Monde
Décision historique à Londres sur la catastrophe minière de Mariana

La Haute Cour britannique rend ce vendredi un jugement déterminant sur la responsabilité du géant minier BHP dans l’effondrement du barrage brésilien de Fundao, ouvrant potentiellement la voie à l’une des plus importantes actions en indemnisation de l’histoire judiciaire.
Le géant minier australien BHP se trouve confronté à un verdict crucial concernant sa responsabilité dans la rupture du barrage de Fundao survenue en novembre 2015 dans l’État brésilien du Minas Gerais. Cette décision, attendue ce vendredi par la justice britannique, pourrait établir un précédent juridique majeur et déclencher des demandes de compensation s’élevant à plusieurs dizaines de milliards de livres sterling.
L’effondrement de l’infrastructure minière avait provoqué le déversement de millions de mètres cubes de déchets toxiques qui s’étaient propagés sur 650 kilomètres le long du Rio Doce jusqu’à l’océan Atlantique. Le drame avait causé la mort de dix-neuf personnes, déplacé plus de six cents habitants, décimé la faune et dévasté des zones de forêt tropicale protégée.
La procédure judiciaire, qui s’est déroulée entre octobre 2024 et mars 2025 devant la Haute Cour de Londres, a rassemblé près de 620 000 plaignants, incluant des municipalités brésiliennes, des entreprises et des communautés autochtones. La compétence des tribunaux britanniques s’explique par la présence historique du groupe minier à Londres, où il maintenait son siège social à l’époque des événements.
Les représentants des victimes soutiennent que la direction de BHP avait connaissance des risques importants pesant sur l’installation bien avant sa rupture. Le cabinet d’avocats Pogust Goodhead, qui coordonne l’action collective, évalue les demandes d’indemnisation potentielles à approximativement 36 milliards de livres sterling.
De son côté, le groupe minier reconnaît le caractère dramatique de la situation mais conteste l’étendue de sa responsabilité. La société affirme avoir démontré pendant le procès son engagement en faveur des normes de sécurité et met en avant l’accord de réparation de 170 milliards de reais conclu l’an dernier au Brésil.
Une reconnaissance de responsabilité par la justice britannique ouvrirait la voie à une seconde phase procédurale, prévue à partir d’octobre 2026, qui déterminerait le montant précis des compensations. Parallèlement, une procédure civile distincte se poursuit depuis 2024 devant les tribunaux néerlandais.

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