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Cinq mois dans l’enfer carcéral vénézuélien, le récit d’un Français libéré


Un professeur de yoga, accusé d’espionnage, décrit les conditions de détention et les pressions subies dans les prisons du pays, alors que les instances internationales pointent des pratiques systématiques.
Libéré en novembre dernier après une incarcération de cinq mois, un ressortissant français de 41 ans livre un témoignage sur son expérience derrière les barreaux vénézuéliens. Arrêté alors qu’il tentait de régulariser sa situation administrative à la frontière colombienne, il a été accusé par les services de renseignement militaires d’être un agent infiltré. Son quotidien est alors devenu une succession d’interrogatoires, d’isolement et de conditions de vie extrêmes.
Transféré d’abord dans un lieu souterrain aménagé dans un parking, il décrit des cellules insalubres, des traces de sang sur les murs et la présence d’objets qu’il associe à des sévices. Les interrogatoires, menés sous la menace explicite de violences, l’ont conduit à être exposé à des substances psychotropes. Le transfert vers la capitale ne signifia pas une amélioration. Placé à l’isolement, menotté et maintenu avec une cagoule, il fut privé de toute référence au temps.
Son incarcération dans un établissement pénitentiaire regroupant de nombreux détenus politiques et étrangers offrit un bref répit, ses codétenus l’assurant de leur soutien. Cependant, la promiscuité, la malnutrition et les maladies récurrentes ont rapidement marqué son quotidien. L’ambiance était entretenue par une diffusion sonore permanente de musique folklorique et de propagande politique.
Les nuits étaient régulièrement ponctuées par des mises en scène humiliantes. Des simulacres de procès se tenaient dans l’obscurité, au cours desquels des accusations fantaisistes de terrorisme et d’espionnage étaient proférées. Les interrogatoires pouvaient se répéter pendant des heures, à l’aide d’appareils de mesure physiologique. La menace de sanctions, notamment l’enfermement dans des cellules disciplinaires, planait constamment. Ces unités étaient décrites comme des lieux où les violences physiques, incluant des passages à tabac et des techniques d’asphyxie, étaient pratiquées, parfois avec la participation du personnel pénitentiaire.
Un conseil d’un codétenu expérimenté l’a dissuadé de protester pour obtenir des livres, lui évitant peut-être de nouvelles représailles. Aujourd’hui libre, il souhaite que son récit contribue à attirer l’attention sur le sort des centaines de personnes encore détenues dans des conditions similaires. Bien que marqué par cette épreuve, il exprime un lien paradoxal avec le Venezuela, pays auquel il se sent désormais attaché malgré tout.





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