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Cambodge: un café branché séduit amateurs de selfies et nostalgiques du train

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Depuis la pandémie de Covid-19, plus aucun train ne roule au Cambodge, mais les amoureux du rail ont trouvé l’endroit idéal pour satisfaire leur soif de voyage, un wagon reconverti en café, dernier lieu à la mode à Phnom Penh.

Se faire photographier, latte frappé à la main, devant la locomotive est devenu un passage obligé dans la capitale cambodgienne.

Le réseau de voies ferrées du Cambodge, qui s’étend sur 600 kilomètres entre la frontière thaïlandaise et le sud du pays, a connu une histoire chaotique. De longues portions ont été endommagées par les années de guerre et presque laissées sans entretien.

Entre 2016 et 2018, le pays avait rouvert deux lignes, l’une vers Sihanoukville et l’autre vers la Thaïlande, mais elles ont fermé en mars dernier, pour limiter la propagation de l’épidémie de Covid-19, qui a jusqu’ici touché 36.000 personnes et causé 300 décès.

La liaison nouvellement établie vers l’aéroport a quant à elle été suspendue au début de l’année dernière.

Toutefois, depuis peu, la gare de Phnom Penh accueille un café installé dans une rame réaménagée qui reste à quai mais qui est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de selfies postés sur Instagram ou sur Facebook.

Parmi eux, Chan Thol, une étudiante de 19 ans, et ses amis, ont fait du café un repaire régulier et affirment que c’est un délicieux dépaysement après des semaines d’ennui confinés à la maison.

« Je viens pour le plaisir et pour prendre des photos avec mes amis et profiter du café », déclare-t-elle.

« Cela m’aide à réduire mon stress ».

Pour Se Sokunaphor, 27 ans, le concept est unique.

« Je n’étais jamais monté dans un train auparavant. Et c’est amusant », dit-elle.

La voiture n’a nécessité que des modifications mineures, notamment le remplacement des vieux sièges par des chaises plus confortables, selon Sak Vanny, directrice des opérations passagers de la société royale des chemins de fer.

« Nous avons eu l’idée de transformer un wagon de train en café afin de générer des revenus pour l’entreprise et d’aider les membres du personnel à travailler pendant la pandémie », explique-t-elle.

« Nous n’y avons pas apporté beaucoup de modifications pour que son aspect d’origine ne disparaisse pas… lorsque les invités viennent ici, ils peuvent avoir la même sensation que s’ils prenaient le train ».

Monde

Les Algériens élisent leurs députés sur fond de répression de la contestation

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Les Algériens se rendent aux urnes samedi pour des élections législatives anticipées rejetées par le mouvement contestataire du Hirak et une partie de l’opposition, sur fond de répression tous azimuts.

Le principal enjeu est à nouveau la participation après les précédentes consultations électorales, la présidentielle de 2019 et le référendum constitutionnel de 2020, marquées par une abstention historique.

Les bureaux de vote ouvrent de 08H00 locales (07H00 GMT) à 19H00 locales (18H00 GMT) pour ces premières législatives depuis le soulèvement populaire inédit et pacifique, né le 22 février 2019 du rejet d’un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, poussé près de deux mois plus tard à la démission après 20 ans au pouvoir.

Les résultats officiels, eux, ne sont pas attendus avant dimanche.

A l’issue d’une campagne apathique, les partis progouvernementaux ont appelé à participer « en force » au scrutin, tandis que le Hirak, qui réclame en vain un changement radical du « système » de gouvernance en place depuis l’indépendance (1962), a dénoncé d’emblée une « mascarade électorale ».

Quoi qu’il arrive, le pouvoir s’accommodera d’une éventuelle forte abstention, tout en espérant un taux de participation entre 40% et 50%.

Car il est déterminé à imposer sa « feuille de route » électoraliste, en ignorant les revendications du Hirak -Etat de droit, transition démocratique, souveraineté populaire, justice indépendante.

Quelque 24 millions d’Algériens sont appelés à élire les 407 députés de l’Assemblée populaire nationale pour un mandat de cinq ans. Ils doivent choisir parmi près de 1.500 listes, dont plus de la moitié s’affichent comme « indépendantes ».

« Perpétuer le système »

C’est la première fois qu’un nombre aussi élevé d’indépendants se présentent face à des prétendants endossés par des partis largement discrédités et jugés responsables de la crise dans le pays.

Ces nouveaux venus, à l’affiliation floue, pourraient s’imposer comme une nouvelle force avec l’aval du pouvoir, qui a fait appel aux « jeunes » et encouragé leurs candidatures.

D’autant que l’opposition laïque et de gauche, en perte de vitesse, a choisi de boycotter le scrutin.

Quant aux vainqueurs des dernières législatives (2017), le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), associés à l’ère d’Abdelaziz Bouteflika, ils sont aujourd’hui déconsidérés.

Il faut aussi compter avec la mouvance islamiste modérée qui a décidé de prendre part au scrutin. Abderrazak Makri, le président du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), proche des Frères musulmans, s’est dit « prêt à gouverner » en cas de victoire.

Certains analystes prédisent même une majorité relative pour ces partis islamistes modérés dans la nouvelle assemblée.

« Selon un scénario probable, les forces politiques issues de ce scrutin pourraient se regrouper et former une coalition dont l’objectif serait de perpétuer le système », estime le centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

« Effrayante escalade »

A l’approche de l’échéance électorale, le chef d’état-major, le général Saïd Chengriha, a mis en garde contre « tout plan ou action visant à perturber le déroulement » du vote.

Considéré comme une façade civile de l’institution militaire, le gouvernement s’est efforcé ces derniers mois d’étouffer la contestation, interdisant les manifestations et multipliant les interpellations et les poursuites judiciaires visant opposants, militants, journalistes et avocats.

Estimant avoir déjà répondu aux demandes du Hirak, le pouvoir dénie depuis plusieurs mois toute légitimité à ce mouvement sans véritables leaders, qu’il accuse d’être instrumentalisé par des « parties étrangères ».

Quelque 222 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le Comité national pour la libération des détenus.

De l’autre côté de la Méditerranée, en France, où vit une importante communauté d’origine algérienne, les Algériens jugent le régime « capable de tout » pour assurer sa survie.

« L’Algérie, elle est périmée. L’avenir, là-bas, c’est la taule », lance un jeune homme de 24 ans, Rahim, à Marseille (sud).

Pour Human Rights Watch qui dénonce une « effrayante escalade répressive », « les vagues promesses d’ouverture et de dialogue du président (Abdelmadjid) Tebboune se fracassent contre la réalité de la répression ».

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Europe

Grèce: procès de jeunes Afghans accusés d’avoir mis le feu au camp de Moria à Lesbos

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Quatre jeunes Afghans ont commencé à comparaître vendredi devant un tribunal de l’île grecque de Chios, accusés d’avoir mis le feu au tentaculaire camp de Moria, à Lesbos, en septembre 2020, alors le plus grand de réfugiés d’Europe dont il n’était resté que des cendres.

Arrivés menottés et encadrés par des policiers, les accusés encourent jusqu’à 15 ans de prison pour incendie criminel et appartenance à une organisation criminelle, a indiqué une source judiciaire.

Lors d’un procès distinct, deux autres jeunes Afghans, mineurs au moment des faits, ont été condamnés à 5 ans de prison, en mars dernier, par un tribunal de Lesbos, qui les a reconnus coupables de figurer parmi les incendiaires.

Le camp de Moria a été entièrement détruit par les flammes, dans deux feux consécutifs, les 8 et 9 septembre 2020, laissant près de 13.000 migrants sans abri en errance sur l’île de Lesbos, parmi lesquels enfants, femmes enceintes et handicapés, avant qu’un camp d’urgence ne soit ouvert à la hâte.

Les avocats des quatre Afghans devaient d’abord soulever la question de la minorité devant le tribunal de Chios. Ils dénoncent le fait que trois des accusés n’aient pas été reconnus comme mineurs au moment des faits, alors qu’ils avaient présenté des documents prouvant qu’ils avaient moins de 18 ans lors de leur arrestation.

L’essentiel de l’accusation repose sur le témoignage d’un demandeur d’asile afghan qui vivait également dans le camp de Moria et a désigné les six accusés comme auteurs de l’incendie, selon une source judiciaire.

Ce témoin-clé n’était pas présent à l’audience vendredi, a constaté un journaliste. Selon la défense, il était également absent du procès des deux mineurs afghans à Lesbos en mars, car n’avait pas pu être localisé.

Les avocats de la défense ont indiqué que leurs clients accusent ce témoin de les avoir désignés comme les incendiaires car ils n’appartiennent pas à la même tribu que lui.

Les violences entre tribus ou ethnies rivales étaient fréquentes dans le camp de Moria, dont la capacité d’accueil avait triplé au fil des ans, dépassant les 20.000 personnes en mars 2020.

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Europe

Premier tête-à-tête Biden-Johnson sur fond de tensions liées au Brexit

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Joe Biden et Boris Johnson se rencontrent jeudi pour la première fois en tête-à-tête et espèrent s’accorder sur une nouvelle « Charte de l’Atlantique », dans un contexte brouillé par le délicat dossier du Brexit et ses conséquences en Irlande du Nord.

Arrivé mercredi soir au Royaume-Uni pour son premier déplacement à l’étranger comme président, Joe Biden démarre son intense tournée européenne par une rencontre avec le Premier ministre britannique à Carbis Bay, une petite station balnéaire du Sud-Ouest de l’Angleterre.

C’est également là que doit se tenir de vendredi à dimanche un sommet du G7 consacré en particulier à la pandémie de coronavirus et la crise climatique.

Selon la Maison Blanche, M. Biden va annoncer l’achat « historique » par son pays de 500 millions de doses de vaccins Pfizer/BioNTech contre le Covid-19 afin d’en faire don à 92 pays défavorisés via le dispositif Covax, « la plus grosse commande et donation de vaccins réalisée par un seul pays.

Joe Biden rendra également visite dimanche à la reine Elizabeth II au château de Windsor puis participera au sommet de l’Otan avant un autre sommet avec l’Union européenne.

Son long déplacement en Europe culminera mercredi prochain à Genève par sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine.

« Les Etats-Unis sont de retour! », a lancé M. Biden peu après son arrivée au Royaume-Uni, reprenant ainsi le message qu’il martèle depuis son arrivée au pouvoir voilà cinq mois. « Et les démocraties du monde entier sont unies pour affronter les défis les plus difficiles ».

Pour la journée de jeudi, Londres espère la mise au point d’une nouvelle « Charte de l’Atlantique » conçue sur le modèle de la Charte signée par Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt.

Elle doit affirmer que « si le monde a changé par rapport à 1941, les valeurs restent les mêmes » concernant la défense de la démocratie, la sécurité collective et le commerce international, a fait savoir Downing Street.

Le document « reconnaîtra également des défis plus récents, comme la nécessité de faire face à la menace que représentent les cyberattaques, d’agir de toute urgence pour lutter contre le changement climatique et protéger la biodiversité et, bien sûr, d’aider le monde à mettre fin à la pandémie de coronavirus et à s’en remettre », est-il précisé.

Les deux dirigeants doivent également discuter d’une reprise des voyages entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis après la pandémie ainsi que d’un futur accord permettant une meilleure coopération dans le secteur technologique.

Les deux pays sont liés par ce qu’ils appellent traditionnellement une « relation spéciale », vantée à ce titre par des générations de dirigeants britanniques.

Boris Johnson, qui rêve d’un Royaume-Uni rayonnant sur la scène internationale après avoir claqué la porte de l’UE, préfère, lui, éviter ce terme.

« Mais cela n’enlève en rien l’importance que nous accordons à notre relation avec les États-Unis, qui sont notre plus proche allié », a tenu à préciser son porte-parole.

Pour la Maison Blanche, l’expression reste valable. Joe Biden, fier de ses origines irlandaises, « affirmera la force durable de la relation spéciale » avant de souligner les priorités américaines au G7, notamment les valeurs démocratiques communes, le changement climatique et la reprise après la pandémie, selon sa porte-parole Jen Psaki.

Positions communes

Boris Johnson a été le premier dirigeant européen que Joe Biden a appelé après avoir succédé à Donald Trump en janvier.

Même si les accents populistes de « BoJo » lui ont valu des comparaisons avec Donald Trump, qui ne tarissait pas d’éloges à son égard, le dirigeant conservateur est beaucoup plus en phase avec l’administration de Joe Biden sur les grands sujets internationaux.

Les deux dirigeants affichent une détermination commune à lutter contre la crise climatique, et partagent des positions similaires quant aux défis posés par la Chine et la Russie.

Quelques jours avant le sommet du G7, Londres a soutenu le projet de taux d’imposition minimal pour les sociétés défendu par Joe Biden, avec une meilleure répartition des recettes fiscales provenant des multinationales, en particulier les géants du numérique.

Accord commercial?

Pourtant, d’importants points de crispation persistent sur l’Irlande du Nord, Washington n’appréciant pas les tentatives de Londres de revenir sur ses engagements commerciaux envers l’UE pris dans le cadre du Brexit.

La Maison Blanche a averti le gouvernement britannique que tout accroc à l’accord de paix de 1998 pourrait compromettre la réussite d’un accord commercial entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, tant convoité par M. Johnson.

Selon le quotidien britannique The Times paru jeudi, la plus haute diplomate américaine en poste en Grande Bretagne, Yael Lempert, a accusé Londres d' »attiser » par son attitude les tensions en Irlande du Nord.

L’UE a de son côté prévenu mercredi qu’elle n’hésiterait pas à adopter une réponse ferme si Londres refusait de mettre en oeuvre les dispositions spécifiques post-Brexit en Irlande du Nord, à l’origine de vives tensions dans la province britannique.

L’accord dit du Vendredi Saint, obtenu avec l’implication de l’ancien président américain Bill Clinton, avait mis un terme aux violences entre républicains (majoritairement catholiques) et unionistes (surtout protestants) qui avaient fait quelque 3.500 morts en 30 ans en Irlande du Nord.

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