Monde
Bolsonaro face à la justice : l’ex-président brésilien rejette toute accusation de complot putschiste


L’ancien chef d’État brésilien a fermement nié devant la Cour suprême avoir orchestré un coup d’État après sa défaite électorale de 2022, qualifiant ces allégations de « persécution politique ».
Devant les magistrats de la plus haute juridiction brésilienne, Jair Bolsonaro a catégoriquement rejeté les accusations pesant sur lui. L’ex-président, jugé pour son implication présumée dans une tentative de renversement des institutions, a assuré n’avoir jamais enfreint la Constitution. « Un coup d’État est une abomination », a-t-il déclaré, brandissant un exemplaire du texte fondamental lors de son audition.
Le procès, historique, concerne un prétendu complot visant à maintenir Bolsonaro au pouvoir après sa défaite face à Luiz Inacio Lula da Silva en octobre 2022. Huit personnes, dont d’anciens ministres et hauts gradés militaires, sont également sur le banc des accusés, risquant jusqu’à quarante ans de détention. L’ancien dirigeant d’extrême droite affirme être la cible d’une manœuvre destinée à l’écarter définitivement de la vie politique, lui qui est déjà inéligible jusqu’en 2030.
Les débats ont mis en lumière des contradictions entre les versions des différents prévenus. Mauro Cid, ancien aide de camp de Bolsonaro devenu collaborateur de la justice, a accusé son ex-patron d’avoir validé un projet de décret instaurant un état de siège. Une affirmation vivement démentie par l’intéressé, qui a qualifié ces propos de « mensonges ». Les avocats de la défense ont, quant à eux, pointé des incohérences dans le témoignage de Cid, évoquant une « mémoire sélective ».
D’autres accusés, comme l’ancien ministre de la Justice Anderson Torres, ont nié toute participation à l’élaboration de documents litigieux, allant jusqu’à moquer la qualité rédactionnelle des textes saisis. « Un brouillon rempli de fautes, digne de Google », a ironisé Torres, sous surveillance électronique depuis sa libération conditionnelle.
L’audience se déroule dans un contexte tendu, quelques années après les violences du 8 janvier 2023, quand des partisans de Bolsonaro avaient envahi les institutions brésiliennes pour réclamer un coup de force militaire. Le verdict, attendu dans les prochains mois, pourrait marquer un tournant judiciaire pour l’ancien président et ses proches. La Cour suprême devra trancher entre une conspiration avérée et un simple faisceau d’indices insuffisants.





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