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Politique

A N’Djaména, Castex réveillonne avec les troupes de Barkhane endeuillées

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« Je viens vous souhaiter la bonne année »: minuit est déjà passé quand Jean Castex se présente à l’un des postes de garde du siège de la force Barkhane à N’Djaména, afin de marquer son soutien à des troupes endeuillées par la mort de trois soldats.

« Est-ce que vous avez eu le dîner de gala tout de même », lance le Premier ministre aux quatre hommes désignés volontaires pour surveiller la grille de l’entrée des civils en ce soir de Saint-Sylvestre.

La bascule de 2020 à 2021 s’effectue dans une atmosphère particulière pour les 5.100 soldats français de la force antiterroriste Barkhane, qui ont perdu lundi trois des leurs dans l’explosion d’une mine artisanale au Mali.

Si M. Castex avait décidé d’honorer la tradition des fêtes de fin d’année avec les troupes avant cet événement, sa venue a pris un tour symbolique, à l’image de l’hommage rendu jeudi soir sous la lune pleine et les drapeaux en berne. Exprimant sa « profonde tristesse », il a insisté sur « la volonté intacte » de la France de combattre le terrorisme islamiste au Sahel, malgré les 47 morts déplorés depuis 2013.

« Cette tristesse ne doit jamais nous abattre, bien au contraire. Notre détermination ne doit en être que plus forte », a-t-il martelé.

Multipliant les messages de reconnaissance aux quelque 800 soldats stationnés au camp Kosseï, M. Castex a aussi échangé de manière informelle avec certains d’entre eux, comme cet adjudant qui témoignait du « sacrifice » personnel consenti. « Les armées sont très sollicitées humainement et techniquement », a-t-il notamment relevé.

Quelques bulles de champagne dans des coupes en plastique, éclairage néon et sono défaillante, le Premier ministre a dans le décor hétéroclite du « Hard rock café » – une sorte de guinguette avec des fauteuils en wax et des logos route 66 – délivré en retour des mots de motivation. « Nous essayons d’être comme vous: plus l’adversité est forte, plus nous sommes déterminés », a-t-il ainsi lancé.

Incertitudes

Attablé avec 5 soldats, dont le commandant de la force Barkhane Marc Conruyt mais aussi ce lieutenant mère de deux enfants qui a vécu son cinquième Noël en opération extérieure, le Premier ministre n’a cependant guère apporté de réponses au lot de questions que charrie la nouvelle année.

Et il ne faut pas en attendre davantage vendredi, alors que M. Castex ira à la rencontre des contingents positionnés à Faya-Largeau (nord), une oasis dans le désert tournée vers la Libye, puis à Abéché (est), un important verrou militaire près du Soudan.

Barkhane arrive pourtant à un nouveau tournant stratégique et l’avenir de la présence militaire française au Sahel est nimbée d’incertitude, même si Paris prend soin d’écarter le terme de « désengagement ».

Ce dossier s’est évidemment invité lors d’un entretien au coin du feu entre M. Castex et Idriss Déby jeudi après-midi, à Amdjarass, le fief du président tchadien à un jet de pierre de la frontière soudanaise.

« Nous avons évoqué des pistes de renforcement de cette coopération » entre la France et le Tchad « avec un objectif commun qui est la lutte contre le terrorisme, que ce soit au Sahel », contre le groupe Etat islamique (EI) ou la nébuleuse d’Al-Qaida, « ou dans la zone du lac Tchad » face à Boko Haram, a simplement déclaré M. Castex.

Car les décisions seront prises lors du prochain sommet de N’Djaména, en janvier ou février, réunissant la France et ses partenaires du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad) engagés dans la lutte antiterroriste.

Ce rendez-vous marquera le premier anniversaire du sommet de Pau (janvier 2020) qui avait recentré les objectifs sur la zone dite des « trois frontières » (Mali, Niger, Burkina Faso), avec plusieurs succès tactiques à la clé notamment contre l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Plusieurs sources laissent désormais entendre que la France pourrait réduire la voilure, déjà en rappelant les 600 renforts déployés cette année, mais aussi en misant sur la montée en puissance des forces locales. Et l’arrivée de forces suédoises et tchèques en ce début 2021 fait aussi espérer une plus grande implication européenne.

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France

Politique : la démission du gouvernement Attal acceptée par Emmanuel Macron

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Politique : la démission du gouvernement Attal acceptée par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a accepté la démission de Gabriel Attal, son Premier ministre, et de l’ensemble du gouvernement, annonce l’Élysée dans un communiqué.

Le gouvernement de Gabriel Attal a officiellement démissionné. Lors du Conseil des ministres de ce mardi, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il accepterait la démission de son Premier ministre et du gouvernement « d’ici ce soir ». Cette décision a été confirmée en fin d’après-midi par un communiqué de l’Élysée. Gabriel Attal et les membres de son gouvernement continueront à gérer les affaires courantes jusqu’à la nomination d’un nouveau cabinet.

Dans son communiqué, la présidence a réitéré son appel à « bâtir un rassemblement autour de projets et d’actions au service des Françaises et des Français ». Un participant à ce dernier Conseil des ministres a rapporté que le président a remercié Gabriel Attal et les ministres pour leur service, suivi d’applaudissements. Gabriel Attal, âgé de 35 ans, était devenu le plus jeune Premier ministre de la Ve République, succédant à Élisabeth Borne il y a six mois. Cependant, l’identité de son successeur reste incertaine, le Nouveau Front populaire, majoritaire aux élections législatives, n’ayant pas encore trouvé de candidat consensuel.

Lors de ce dernier Conseil des ministres, Gabriel Attal a souligné : « Nous aurions pu disparaître. Nous avons évité le pire. L’avenir est à écrire ». Il a également adressé quelques mots à Emmanuel Macron : « Je sais, Monsieur le Président de la République, pour connaître les femmes et les hommes autour de cette table, que toutes et tous ont la France au cœur et que la flamme ne s’éteint jamais pour ceux qui veulent servir les Français ». Attal a assuré que son gouvernement continuerait à assurer la continuité de l’État « jusqu’à la dernière minute », aussi longtemps que nécessaire, en vue des événements majeurs à venir pour le pays.

La présidence, dans son communiqué, a insisté sur l’importance de l’unité et de la coopération pour le bien-être des Français, en soulignant le besoin de continuer à travailler ensemble malgré les défis politiques actuels.

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Politique : les discussions pour Matignon au point mort à gauche

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Politique : les discussions pour Matignon au point mort à gauche

Les négociations pour trouver un candidat à Matignon parmi les forces de gauche sont dans l’impasse. Les Insoumis dénoncent l’opposition systématique des socialistes, tandis que Gabriel Attal et Emmanuel Macron affinent leur stratégie.

Les discussions pour désigner un candidat de gauche à Matignon sont au point mort. Le Nouveau Front populaire (NFP), malgré son succès aux législatives, n’a pas réussi à s’accorder sur une équipe gouvernementale. Le nom d’Huguette Bello, présidente de La Réunion proche de La France insoumise, n’a pas convaincu le Parti socialiste (PS), et la piste a été abandonnée après un week-end de négociations infructueuses.

L’écologiste Sandrine Rousseau a exprimé sa frustration sur X, déplorant l’image projetée par les négociations bloquées. Les tensions sont particulièrement vives entre les Insoumis et les socialistes, ces derniers étant accusés par LFI de retarder le processus pour faire échouer le programme du NFP.

Olivier Faure, premier secrétaire du PS et candidat des socialistes pour Matignon, a proposé d’élargir la recherche à une personnalité issue de la société civile, une idée également soutenue par certains écologistes. Cependant, cette suggestion a été rejetée par les Insoumis, qui exigent des garanties pour la mise en œuvre du programme du NFP. Jean-Luc Mélenchon a insisté sur la nécessité d’une candidature unique pour la présidence de l’Assemblée nationale avant toute autre discussion.

L’élection au perchoir de l’Assemblée nationale, prévue jeudi, est cruciale pour la gauche. Le bloc présidentiel, mené par Yaël Braun-Pivet, pourrait chercher à former une majorité alternative, notamment avec le soutien de la droite, pour conserver ce poste-clé. Une candidature centriste, comme celle de Charles de Courson, pourrait également rassembler un large soutien.

La question du front républicain contre le Rassemblement national (RN) est un autre enjeu majeur. Certains cadres macronistes, y compris Mme Braun-Pivet, s’opposent à cette stratégie, permettant ainsi au RN d’obtenir des postes à responsabilité.

Gabriel Attal, toujours Premier ministre en attente de l’acceptation de sa démission par Emmanuel Macron, reste en poste jusqu’à nouvel ordre. Un Conseil des ministres prévu mardi pourrait marquer le début d’une nouvelle configuration gouvernementale.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron et les chefs de parti du camp présidentiel se sont réunis à l’Élysée pour discuter de la situation politique. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a indiqué que la démission d’Attal pourrait être acceptée mardi ou mercredi.

Dans ce contexte politique incertain, la future équipe gouvernementale devra faire face à des finances publiques préoccupantes, comme l’a souligné la Cour des comptes dans son dernier rapport. La réduction de la dette reste un impératif partagé par toutes les forces politiques, a rappelé Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes.

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La CGT cheminots appelle à des manifestations devant l’Assemblée nationale et les préfectures

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La CGT cheminots appelle à des manifestations devant l’Assemblée nationale et les préfectures

La CGT cheminots appelle à des manifestations devant l’Assemblée nationale et les préfectures, demandant la constitution d’un gouvernement « autour du programme du Nouveau Front populaire ».

Ce mercredi, dans un communiqué, la CGT cheminot a appelé à des rassemblements le 18 juillet « devant les préfectures et à Paris à proximité de l’Assemblée nationale pour exiger la mise en place d’un gouvernement issu du Nouveau Front Populaire ». « La CGT et ses organisations appellent solennellement Emmanuel Macron à respecter le résultat des urnes », exhorte l’organisation dans ce document. « L’espoir suscité par le vote est immense, nos exigences sociales le sont tout autant », prévient par ailleurs le syndicat.

Des propos repris et martelés par Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, sur le plateau de LCI ce jeudi 11 juillet. « On a l’impression d’avoir Louis XVI qui s’enferme à Versailles », a-t-elle lancé, appelant Emmanuel Macron à « préserver le pays au lieu de jeter des bidons d’essence sur les incendies qu’il a allumés ». Objectif : « faire pression » sur l’exécutif. « Il faut, toutes et tous, rejoindre ces rassemblements, pour mettre l’Assemblée nationale sous surveillance et appeler au respect du vote populaire », a plaidé la syndicaliste. Et d’ajouter que dans le cas contraire, « il risque encore une fois de plonger le pays dans le chaos ».

Sophie Binet s’est quelque peu écartée de la ligne de Jean-Luc Mélenchon qui affirmait la volonté du NFP le soir du second tour des élections législatives d’appliquer « rien que son programme, mais tout son programme. » La secrétaire générale a ouvert la porte à des compromis, insistant sur la nécessité de « laisser le parlement trouver des majorités de projets. »

Le 18 juin, une semaine après l’annonce surprise de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, Sophie Binet avait, au nom de son syndicat, appelé à faire barrage au Rassemblement national et à voter pour le Nouveau Front Populaire. « On est dans un contexte inédit, notre République et notre démocratie sont en danger, dans ce type de moments, la CGT prend toujours ses responsabilités », avait alors déclaré la secrétaire générale.

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