Économie
Les Bourses européennes plient sous les tensions géopolitiques, Wall Street attend l’emploi américain


Alors que les marchés européens reculent sous l’effet des incertitudes au Moyen-Orient, les investisseurs américains retiennent leur souffle avant la publication des chiffres mensuels de l’emploi aux États-Unis.
Les places financières européennes évoluaient dans le rouge à la mi-journée, freinées par les dernières secousses géopolitiques autour du détroit d’Ormuz. Paris cédait 0,84%, Francfort 0,89% et Londres 0,18%, seule Milan parvenant à se maintenir à l’équilibre. Le volume des transactions restait limité, notamment en France en raison d’un jour férié, tandis que la capitale britannique digérait la défaite du parti travailliste aux élections locales.
De l’autre côté de l’Atlantique, la tendance s’annonçait plus favorable. Les contrats à terme anticipaient une ouverture en hausse pour Wall Street, avec le Dow Jones en progression de 0,29%, le S&P 500 de 0,47% et le Nasdaq de 0,68%. Les opérateurs guettaient surtout la publication des données sur le marché du travail américain pour le mois d’avril, attendues à 12h30, juste avant le début des échanges. Ces chiffres pourraient conforter l’optimisme ambiant ou, au contraire, inverser la dynamique.
L’espoir d’un apaisement diplomatique entre Washington et Téhéran s’est brusquement estompé après que l’armée américaine a annoncé avoir ciblé des installations militaires iraniennes, en représailles à des attaques contre trois de ses navires traversant le détroit d’Ormuz. Les investisseurs, qui espéraient une avancée rapide sur la réouverture de cette voie stratégique, ont réduit leur exposition au risque. John Plassard, analyste chez Cité Gestion, résume la situation en soulignant que le marché pétrolier reste extrêmement sensible à chaque information tant qu’aucun accord officiel n’est signé.
Le brut, qui avait perdu jusqu’à 5% jeudi, semblait se stabiliser. Le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait autour de 100,56 dollars, en légère hausse de 0,50%, tandis que le WTI américain reculait très légèrement à 94,70 dollars. Les opérateurs redoutent désormais que la volatilité ne s’installe durablement, d’autant que les précédentes escalades militaires sous l’administration Trump ont souvent eu lieu en dehors des heures de marché, repoussant les secousses au lundi suivant.
Sur le marché obligataire, la prudence dominait également. Le rendement des emprunts allemands à dix ans s’établissait à 3,01%, contre 3% la veille, tandis que celui de la France grimpait à 3,64%. Ces mouvements traduisent les craintes persistantes d’une inflation érodant la valeur réelle des titres de créance. Outre-Manche, le rendement à dix ans restait sous la barre des 4,9%, et celui à trente ans reculait légèrement, après avoir atteint un sommet inédit en vingt-huit ans en début de semaine. La livre sterling, quant à elle, demeurait stable dans une fourchette comprise entre 1,34 et 1,36 dollar, signe que les turbulences politiques locales n’affectaient pas les grands équilibres macroéconomiques.





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