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À Metz, le pape Léon XIV termine son voyage français en misant sur l’Europe
Pour son dernier jour en France, le pontife américain a choisi la Moselle et la mémoire de Robert Schuman afin de parler de paix et de construction…

Pour son dernier jour en France, le pontife américain a choisi la Moselle et la mémoire de Robert Schuman afin de parler de paix et de construction européenne. Emmanuel Macron, absent de tous les offices jusqu’ici, sera finalement présent à la messe de l’après-midi.
Léon XIV a quitté l’aéroport de Tarbes-Lourdes lundi matin en direction de Metz, dernière étape d’un séjour hexagonal entamé vendredi. Cap sur la Moselle, terre de frontières et d’histoire, où repose Robert Schuman, l’un des pères de l’Europe, aujourd’hui en voie de béatification par l’Eglise catholique. C’est là, et non à Strasbourg, siège d’institutions européennes, que le pape a décidé de conclure son premier voyage en France. Un choix qui n’a rien d’anonyme.
La journée s’annonce chargée. À son arrivée à l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, le souverain pontife doit participer à une rencontre interreligieuse, avant un second rendez-vous consacré à la paix et aux racines chrétiennes du continent. Emmanuel Macron prendra lui aussi la parole. Quelques chefs d’Etat et de gouvernements européens ont répondu à l’invitation de l’Elysée, sans que la liste soit pléthorique. En fin d’après-midi, le pape rejoindra la cathédrale Saint-Etienne, joyau de l’art gothique, pour une messe célébrée après un dernier tour en papamobile dans les rues de la ville.
Le message que Léon XIV veut faire passer tient en quelques mots. Dans une période de tensions géopolitiques, il devrait appeler l’Europe à retrouver les fondements de sa création pour ramener la paix sur le continent. Une manière de renouer le fil avec Schuman, dont la cause de béatification est en cours. Dès le début de la matinée, des groupes de fidèles commençaient à converger vers Metz, prêts à patienter longtemps. Sur un balcon, un habitant installait déjà des drapeaux français et vaticans.
Le président français, lui, a modifié son agenda pour être présent cette fois. Il avait accueilli le pape à l’Elysée vendredi, mais avait fait l’impasse sur la messe géante de Paris le samedi, contrairement au Premier ministre Sébastien Lecornu et à de nombreuses personnalités politiques, du centre à l’extrême droite. Cette fois, il assistera à l’office et raccompagnera le pontife jusqu’à l’aéroport.
Les trois premiers jours ont été marqués par une ferveur considérable, entre Paris et Lourdes. Léon XIV y a délivré plusieurs messages forts, sur la fin de vie comme sur la laïcité, et multiplié les appels à la paix, à la défense de la dignité des exilés et à la maîtrise de l’intelligence artificielle, mettant en garde contre l’avènement d’un « paradis de machines ».
Très attendu sur les violences sexuelles dans l’Eglise, sujet brûlant en France cinq ans après un rapport estimant à 330 000 le nombre de victimes mineures au sein de l’institution depuis 1950, il a demandé dimanche aux évêques français de « poursuivre » leur action face à ce « fléau », en maintenant « la plus grande vigilance ». Lors d’une rencontre de deux heures à huis clos avec sept victimes, il a fait preuve d’une « prise de conscience majeure » et reconnu le caractère « systémique » de ces violences, ont rapporté cinq d’entre elles devant la presse.
Autre sujet sensible, l’aide à mourir. Deux mois après l’adoption en France d’une loi instaurant ce droit, Léon XIV a réaffirmé avec force l’opposition de l’Eglise à l’euthanasie. « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort », a-t-il lancé dimanche devant des pèlerins malades et en situation de handicap à Lourdes, après avoir dénoncé à l’Elysée « l’offre d’une mort programmée ». Et d’ajouter, comme un principe. « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. »
Le rythme, lui, n’a pas faibli. Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France, le pape de 71 ans a enchaîné sans répit, attirant les foules sur son passage. Plus de 1,3 million de personnes sont venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche, signe d’une popularité bien installée seize mois après son élection à la tête de l’Eglise catholique. Partout, les mêmes scènes. Des acclamations, des smartphones tendus vers lui, des bénédictions de nourrissons et des drapeaux du Vatican.

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