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Quatre-vingt-cinq foyers évacués en pleine nuit près d’une base américaine en Angleterre

Cinq hommes soupçonnés de préparer un acte terroriste ont été interpellés à proximité de la base aérienne de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre.…

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Quatre-vingt-cinq foyers évacués en pleine nuit près d'une base américaine en Angleterre

Cinq hommes soupçonnés de préparer un acte terroriste ont été interpellés à proximité de la base aérienne de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Le hameau voisin de Whelford a été vidé de ses habitants, encore sous le choc.

Tout est parti d’un appel aux services d’urgence, dans la nuit de samedi à dimanche. Trois véhicules suspects semblaient se diriger vers la base aérienne de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Une habitante a raconté avoir donné l’alerte après avoir aperçu trois camionnettes bloquant une route et un groupe d’hommes portant capuches et cagoules. La police est intervenue, et cinq hommes ont été arrêtés, soupçonnés de préparer un acte terroriste. Le président américain Donald Trump a affirmé qu’ils étaient déjà surveillés et qu’ils voulaient causer de gros dégâts à la base.

Dans la foulée, les autorités ont fait évacuer 85 foyers du village de Whelford, situé à 1,6 kilomètre seulement de la base. Stephanie, qui y vit et préfère rester anonyme, a passé la journée à s’organiser. Elle doit dormir dimanche soir dans un centre de loisirs de Cirencester, la ville voisine, avec son chiot et ses deux chats. « Je suis épuisée », souffle-t-elle. C’est seulement maintenant, dit-elle, qu’elle prend la mesure du danger. « C’est un petit village charmant. C’est vraiment dommage. »

La base de Fairford n’a rien d’un site ordinaire. L’armée américaine y a mené des opérations pendant la guerre du Golfe, au début des années 1990, puis pendant la guerre en Irak en 2003. En mars, Londres a autorisé Washington à l’utiliser pour des opérations défensives ciblant l’Iran, avec pour objectif de détruire des missiles iraniens. Depuis, des bombardiers et d’autres appareils américains y décollent et y atterrissent régulièrement, sous les yeux des riverains. Le ministère de l’Intérieur britannique accuse par ailleurs Téhéran de s’appuyer sur des intermédiaires pour mener des activités criminelles sur le sol britannique.

À Cirencester, ville de marché aux maisons de pierre calcaire et à l’église médiévale, l’ambiance a changé. George Currie, étudiant de 20 ans, résume le sentiment général. On ne s’attend pas à ce qu’il se passe quoi que ce soit par ici, dit-il, en décrivant un charmant petit coin pittoresque des Cotswolds. Il se dit certain que les habitants de Fairford ont sursauté en apprenant la nouvelle, et admet qu’il aurait assez peur d’y vivre en ce moment. Un autre riverain, croisé en promenant son chien, raconte que son épouse s’inquiétait des menaces pesant sur Fairford. Avec ces arrestations, ses cauchemars sont devenus réalité, confie-t-il.

Pour Tristan Wilkinson, élu local, la donne a basculé avec l’opération américaine contre l’Iran, baptisée Epic Fury, rebaptisée fureur épique en français. La communauté locale et les autorités font preuve d’une vigilance accrue, observe-t-il. Victor Compton, 21 ans, y voit surtout une piqûre de rappel. Ce genre de chose devait arriver, lâche l’étudiant, pour qui les répercussions de la guerre finissent toujours par atteindre les endroits les plus sûrs du monde. C’est un peu un retour à la réalité, conclut-il.

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