Monde
À Belém, l’urgence climatique descend dans la rue tandis que les négociations piétinent


Alors que des milliers de manifestants envahissent les artères de la ville amazonienne, les discussions officielles progressent avec une lenteur désespérante, cristallisant le fossé entre les attentes populaires et le rythme diplomatique.
Des représentants autochtones et des militants écologistes ont convergé samedi dans les rues de Belém pour une marche mondiale en faveur du climat. Cette mobilisation, la première de cette ampleur depuis la COP26 de Glasgow, s’est déroulée dans une atmosphère de liberté retrouvée après les éditions précédentes organisées dans des pays où les manifestations étaient entravées. Le cortège a parcouru près de cinq kilomètres dans la ville amazonienne, s’approchant à quelques rues seulement du site officiel des négociations.
Les organisateurs entendaient rappeler que les solutions climatiques ne sauraient être légitimes sans intégrer les communautés directement confrontées aux dérèglements environnementaux. Parmi les revendications figurait notamment la question des réparations pour les préjudices subis par les populations traditionnelles et marginalisées. Cette manifestation s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes, après plusieurs actions perturbatrices menées par des groupes autochtones sur le site de la conférence au cours de la semaine.
Sur le front diplomatique, les discussions se poursuivent dans un climat d’incertitude. Les délégations peinent à trouver un terrain d’entente sur des dossiers sensibles comme le financement climatique ou les objectifs de réduction des émissions. Certains participants déplorent l’immobilisme des positions nationales en attendant l’arrivée des ministres lundi prochain. Un négociateur africain a exprimé ses craintes de voir émerger un accord sans ambition réelle si la présidence brésilienne n’imprime pas une dynamique plus ferme.
Les autorités brésiliennes ont renforcé la sécurité autour du parc des expositions, où se tiennent les négociations, après les incidents survenus plus tôt dans la semaine. La cheffe négociatrice brésilienne a comparé les pourparlers à des montagnes russes, évoquant des phases d’avancée et de recul. Dans les couloirs, des diplomates occidentaux rapportent que l’équipe brésilienne utilise des méthodes de médiation originales, invitant les délégations à formaliser leurs attentes par écrit. La conférence doit s’achever le 21 novembre, laissant peu de temps pour parvenir à un consensus entre près de deux cents pays.





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