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Ebola gagne du terrain et complique une riposte déjà fragile
La RDC concentre l’essentiel des plus de 10 000 malades recensés en Afrique, tandis que le virus a déjà atteint l’Ouganda, le Kenya et le Nigeria. Dans…

La RDC concentre l’essentiel des plus de 10 000 malades recensés en Afrique, tandis que le virus a déjà atteint l’Ouganda, le Kenya et le Nigeria. Dans les zones reculées, l’insécurité et la méfiance des populations fragilisent encore la réponse sanitaire.
Avec plus de 100 millions d’habitants, la République démocratique du Congo reste au cœur de l’épidémie. Le pays compte 10 060 personnes contaminées et 4 887 décès, pour 2 684 guérisons. Le taux de létalité frôle les 50 %. Cette flambée a été officiellement déclarée en RDC, mais elle a été détectée tardivement. Les spécialistes s’accordent sur un point. Le virus circulait déjà depuis plusieurs mois avant l’annonce des autorités. Partie de l’Ituri, dans le nord-est, la 17e épidémie de l’histoire du pays s’est étendue à huit provinces. L’Ituri et le Nord-Kivu concentrent la majorité des cas. Sur cinquante ans, Ebola a fait plus de 15 000 morts en Afrique. La pire flambée en RDC, entre 2018 et 2020, avait tué près de 2 300 personnes pour 3 500 malades.
Le virus ne s’arrête pas aux frontières. En Ouganda voisin, vingt cas dont deux décès ont été signalés avant que le pays ne soit déclaré débarrassé d’Ebola. Le Kenya a recensé neuf cas, dont deux mortels. Au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, une Suissesse de 42 ans a été contaminée. Épouse d’un employé de l’ambassade suisse à Abuja, elle avait voyagé en Ouganda avec son mari avant de rentrer au Nigeria. Elle a été évacuée vers la Suisse et prise en charge dans un hôpital genevois. Cinquante-trois cas contacts ont été identifiés par les autorités sanitaires nigérianes. Ebola se transmet par les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique.
La réponse sanitaire reste fragile. Dans les régions reculées de RDC, les moyens manquent et la présence de groupes armés complique les déplacements. Les soignants et les travailleurs humanitaires font aussi face à la défiance d’une partie des populations locales. Plusieurs incidents ont éclaté. Un infirmier a été tué et un agent de santé grièvement blessé dans la Tshopo, au nord-est. Le centre de traitement Ebola où l’attaque s’est produite a fermé. Des jeunes de la zone ont accusé les victimes d’avoir voulu contaminer la population avec des comprimés contenant le virus avant de passer à l’attaque.
La situation est jugée plus complexe depuis que le virus a été détecté dans l’ouest du continent, alors qu’il est aussi présent à l’est et au centre. La flambée actuelle est causée par la souche Bundibugyo. Contre elle, aucun vaccin ni traitement homologués n’existent. Des premières doses d’Ervebo, dont l’efficacité est prouvée sur la souche Zaïre, ont été administrées à des volontaires en RDC dans le cadre d’un essai clinique. Cette piste reste limitée à la souche la plus fréquente lors des épidémies précédentes.
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