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Elon Musk, des fusées plein la vue et un soutien politique qui divise

Le patron de Tesla et SpaceX multiplie les projets spectaculaires, du Roadster à propulseurs à Starship en orbite. Mais son ancrage à droite et ses…

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Elon Musk, des fusées plein la vue et un soutien politique qui divise

Le patron de Tesla et SpaceX multiplie les projets spectaculaires, du Roadster à propulseurs à Starship en orbite. Mais son ancrage à droite et ses millions versés aux républicains modifient le regard porté sur lui.

Elon Musk reste un homme de démonstrations spectaculaires. Le prototype du Roadster de Tesla, doté de propulseurs, a exécuté quelques cabrioles dans les airs et ses images ont circulé partout. Le véhicule n’arrivera pas sur le marché avant plusieurs années et sa version de série s’annonce moins impressionnante, mais la démonstration a relancé le récit d’un entrepreneur capable de transformer la science-fiction en réalité. À côté de cela, Starship, la mégafusée de SpaceX, a atteint l’orbite pour la première fois, libéré 26 satellites Starlink puis amerri dans le Pacifique. Un jalon de plus dans son ambition martienne. L’ancien Twitter devenu X s’est aussi imposé comme un carrefour des débats sur l’intelligence artificielle.

Son poids géopolitique se manifeste aussi. L’Ukraine s’est plainte de perturbations de Starshield, la version militaire de Starlink dont dépendent ses forces armées. Et son engagement politique à droite laisse des traces. L’image du multimilliardaire brandissant une tronçonneuse offerte par le président argentin ultralibéral Javier Milei a résumé une époque. Elle renvoyait à la volonté de Donald Trump, tout juste réinvesti, de tailler dans les dépenses de l’État fédéral. Les coupes dans les administrations ont démantelé l’USAID, l’agence américaine d’aide au développement, et contribué à supprimer des centaines de milliers d’emplois.

Sur X, les prises de position polémiques de Musk sur l’immigration ou des controverses d’extrême droite côtoient ses commentaires enthousiastes sur les fusées, les robotaxis Tesla et l’essor de l’IA. Le contraste brouille son image. Après une brouille spectaculaire liée à son départ du gouvernement, il est de nouveau dans les bonnes grâces de Donald Trump. Le président américain lui a remis la plus haute distinction scientifique du pays en le présentant comme un trésor national et un Thomas Edison des temps modernes. Le milliardaire a aussi dépensé au moins 276 millions de dollars pour soutenir des candidats républicains aux élections de mi-mandat, où le parti présidentiel est donné en difficulté. Plus de la moitié de cette somme, 158 millions, est allée au Texas, où il vit et où le candidat républicain au Sénat est distancé dans les sondages.

Pour nombre de commentateurs de gauche, il n’apparaît plus seulement comme un génie travaillant pour l’humanité. Il devient aussi un relais de Donald Trump et des milliardaires de la tech. Un documentaire intitulé Musk, signé par un réalisateur oscarisé, explore cette bascule et sort dans les salles américaines. Sa première épouse le décrit comme quelqu’un capable de sauter d’une falaise et d’inventer un parachute pendant la chute. Elle estime qu’il se nourrit du chaos, tout en partant du principe qu’il y a une logique derrière sa folie. Plusieurs de ses coups d’éclat pourraient n’être que des diversions et des tours de passe-passe.

Ses rapports avec le pouvoir fédéral pourraient obéir au même calcul. SpaceX, entrée en Bourse avec la plus importante introduction de l’histoire, tire chaque année des milliards de dollars de contrats avec la Nasa et le Pentagone. Tesla mise sur les taxis autonomes et dépend du feu vert des autorités. Vu sous cet angle, les millions versés aux républicains ressemblent moins à une réconciliation politique qu’à un investissement.

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