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Kiev redoute un nouvel hiver sans électricité après une nuit de frappes russes

Les forces russes ont visé les infrastructures énergétiques de la capitale ukrainienne dans la nuit, une première depuis la fin de la saison froide…

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Kiev redoute un nouvel hiver sans électricité après une nuit de frappes russes

Les forces russes ont visé les infrastructures énergétiques de la capitale ukrainienne dans la nuit, une première depuis la fin de la saison froide précédente. Au moins quatre personnes ont péri dans la région, dont un enfant, alors que les premières gelées sont déjà annoncées.

Kiev a passé une nuit sous les sirènes et les explosions. Cette fois, les frappes ont pris pour cible le réseau électrique de la capitale et de ses alentours, ce qui n’était plus arrivé depuis la sortie de l’hiver dernier. Le bilan humain est lourd. Au moins quatre personnes ont été tuées dans la région, parmi lesquelles un enfant dont le corps a été retrouvé sous les ruines d’un immeuble. Trois autres victimes sont à déplorer ailleurs dans le pays, indique le président Volodymyr Zelensky.

Des coupures de courant ont été mises en place à Kiev dès mercredi soir et le réseau a bien été endommagé, confirme la compagnie DTEK. Plus au sud, la centrale thermique de Trypillia a également été touchée. Son exploitant, Centrenergo, évoque une frappe russe « délibérée ».

Le Premier ministre Serguiï Koretsky voit dans ces bombardements le coup d’envoi d’une nouvelle campagne russe contre le secteur de l’énergie. « Depuis cet été, il ne se passe pratiquement pas un jour sans que l’ennemi n’attaque nos infrastructures énergétiques. Mais une attaque combinée d’une telle ampleur, c’est une première depuis la fin de la saison froide », a-t-il écrit. En début de semaine, il avait déjà conseillé aux personnes les plus fragiles de quitter la capitale avant l’arrivée du froid.

L’Ukraine redoute de revivre le scénario de l’hiver précédent, quand Moscou avait pilonné les sites énergétiques du pays pour tenter de faire plier Kiev, en proie depuis 2022 à une invasion russe à grande échelle. Le sujet occupe désormais toutes les conversations dans la capitale, en particulier chez les familles avec enfants qui cherchent comment s’organiser si le réseau s’effondre de nouveau. D’autant que le service météorologique ukrainien annonce les premières gelées nocturnes dès jeudi dans de nombreuses régions.

À 22 ans, l’étudiant Ivan Danylevytch dit avoir vu venir ces frappes dès le début octobre. « Pourquoi font-ils ça ? Pour effrayer les gens. De la terreur pure », lâche-t-il. Tetiana Ivachtchouk, qui travaille dans l’éducation, s’accroche à une idée simple. « Le plus important, c’est de rester calme. Nous ne pouvons pas changer ce qui se passe… Si Dieu le veut, tout ira bien. »

Le ministère russe de la Défense affirme de son côté avoir visé des installations électriques qui alimentent « les entreprises du complexe militaro-industriel » de la capitale et de ses environs, ainsi qu’une centrale hydroélectrique et une centrale thermique. D’après l’armée de l’air ukrainienne, Moscou a notamment employé des missiles balistiques et des drones à réaction, des armes que Kiev a du mal à intercepter faute de munitions adaptées.

Volodymyr Zelensky assure toutefois que la défense aérienne a abattu certains missiles balistiques et remercie les alliés pour la livraison récente de nouveaux systèmes antiaériens. « Chaque missile intercepteur sauve vraiment des vies. Et plus l’hiver approche, plus nous avons besoin de cette protection », insiste-t-il. En 2024, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre des responsables militaires russes, jugeant que les attaques contre le réseau énergétique ukrainien pourraient constituer un crime de guerre.

Sur le terrain, les forces ukrainiennes mènent une contre-offensive dans le secteur de Lyman, dans l’Est du pays. Volodymyr Zelensky a indiqué s’y être rendu mercredi pour rencontrer des soldats. Côté russe, Sergueï Lavrov a répété devant l’ONU la détermination de Moscou à atteindre ses objectifs militaires en Ukraine, et ce « peu importe les circonstances ».

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