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L’inflation repart de plus belle en zone euro et remet la BCE sous pression

Les prix ont grimpé bien plus que prévu en septembre en France, en Italie et en Espagne, portés par l’énergie et par le conflit au Moyen-Orient. Les…

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L'inflation repart de plus belle en zone euro et remet la BCE sous pression

Les prix ont grimpé bien plus que prévu en septembre en France, en Italie et en Espagne, portés par l’énergie et par le conflit au Moyen-Orient. Les investisseurs attendent désormais de nouveaux relèvements des taux d’intérêt.

Les chiffres qui viennent de tomber donnent le tournis. En France, l’indice des prix harmonisé aux normes européennes grimpe de 3,4% sur un an, alors qu’il progressait de 2,6% en août. L’Italie passe de 3,2% à 4,1%. L’Espagne, déjà la plus exposée, bondit de 4,6% à 5%. Partout, l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne est largement dépassé, et chaque pays fait pire que ce que les prévisions laissaient craindre.

L’Allemagne doit encore livrer ses données nationales, mais les résultats de cinq Länder clés annoncent déjà une nette accélération. Ces chiffres précèdent la publication des statistiques de l’ensemble du bloc monétaire, attendues en fin de semaine, avec une inflation estimée à 3,6% sur un an contre 3,2% en août. L’institution de Francfort, elle, tablait sur 3,6% pour les trois derniers mois de l’année. Les économistes visent plutôt un pic proche de 4%, tant les coûts de l’énergie sont élevés.

Les prix de l’énergie ont surpris à la hausse dans tous les pays ayant déjà publié leurs résultats, et la progression des prix alimentaires a également dépassé les attentes, même de façon bien plus modérée. La guerre en Iran pèse directement sur la facture énergétique, et rien ne laisse entrevoir de détente. Le conflit ne montre guère de signe d’apaisement, l’hiver approche, et une correction des cours paraît donc peu probable à court terme. S’ajoute la vigueur du dollar, qui renchérit les matières premières essentielles libellées dans cette monnaie et alourdit encore le coût de l’énergie en euros.

Résultat, les marchés anticipent maintenant quatre hausses supplémentaires des taux directeurs, après les deux déjà décidées en juin et septembre. Un choix qui pèse directement sur le portefeuille des ménages et sur la trésorerie des entreprises, puisque le crédit immobilier comme les prêts professionnels deviennent plus chers. La présidente de la BCE a pourtant jugé qu’une réponse mesurée restait appropriée, l’inflation observée cette année n’ayant pas encore provoqué d’effets de second tour dans la zone euro. Ce répit pourrait être de courte durée. La flambée des cours de l’énergie devrait finir par se répercuter sur l’inflation sous-jacente au début de l’année prochaine, avertissent les économistes.

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