Économie
G20 du commerce à Milwaukee, des échanges sous forte pression douanière
Les ministres du Commerce des plus grandes économies de la planète se retrouvent deux jours dans le Wisconsin, alors que Washington multiplie les taxes à…


Les ministres du Commerce des plus grandes économies de la planète se retrouvent deux jours dans le Wisconsin, alors que Washington multiplie les taxes à l’entrée de son marché. Les spécialistes doutent que la rencontre produise des résultats concrets.
La réunion s’ouvre mercredi à Milwaukee, dans le Wisconsin, à quelques kilomètres de la frontière canadienne. C’est Washington qui pilote cette année les rendez-vous du G20, le club des grandes puissances économiques où siègent la Chine, l’Inde, le Japon, la France ou encore la Russie. Deux jours de discussions consacrées aux questions commerciales sont au programme, dans un climat alourdi par les mesures prises par l’administration américaine.
Donald Trump a lancé, depuis son retour au pouvoir, une vaste offensive protectionniste fondée sur la hausse des droits de douane frappant les produits importés. En février, la Cour suprême a annulé les surtaxes généralisées qu’il avait imposées à l’ensemble des pays. Les tarifs sectoriels, eux, tiennent toujours, qu’il s’agisse de l’automobile, de l’acier ou du bois de construction. Pour compenser en partie, l’exécutif a instauré une nouvelle taxe de 10% ou 12,5% contre une soixantaine de partenaires commerciaux, accusés de ne pas lutter suffisamment contre le travail forcé. La Chine, l’Inde et l’Union européenne, toutes membres du G20, figurent parmi les cibles.
Une autre menace plane, celle de droits de douane supplémentaires justifiés par la question des « surcapacités industrielles ». L’expression vise souvent la concurrence chinoise, mais les Américains pointent aussi l’Union européenne, le Japon ou la Corée du Sud. Pékin dément entretenir des surcapacités qui avantageraient ses exportations et tireraient les prix mondiaux vers le bas.
Les observateurs n’attendent guère de percées. « Il ne faut pas s’attendre à des percées à Milwaukee », résume Josh Lipsky, du groupe de réflexion Atlantic Council, qui rappelle le goût de Donald Trump pour les négociations en tête-à-tête. Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute, souligne que les partenaires chercheront à coopérer avec la première économie mondiale tout en tenant à exprimer leurs inquiétudes sur les droits de douane. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a pour sa part affirmé mardi, lors d’une table ronde à Milwaukee, que la politique de son pays « n’était pas anti-commerce ».
Face à cette pression, la Chine devrait s’employer à se présenter comme au service de l’intérêt général, en fournissant des produits de qualité à bas prix. Plus largement, selon Josh Lipsky, les membres du G20 se demandent jusqu’où ils doivent composer avec l’administration Trump, sachant que la politique commerciale américaine pourrait changer après 2028, année de la fin du mandat du président républicain. Wendy Cutler s’attend à ce que les pays qui s’estiment « injustement ciblés » ne mâchent pas leurs mots.
En marge de la réunion, des travailleurs et des militants ont reproché à l’exécutif américain de ne pas avoir amélioré, comme promis, la situation des salariés, des agriculteurs et des petites entreprises. John Drew, responsable du syndicat United Auto Workers dans le Wisconsin, déplore la disparition progressive des emplois industriels dans cet État du Midwest. D’après lui, « les droits de douane n’ont rien fait pour ramener les emplois et rebâtir la production industrielle ».
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