Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Le Hezbollah campe sur ses positions et défie Israël devant ses partisans

Rassemblés par dizaines de milliers autour du mausolée de Hassan Nasrallah, les soutiens du Hezbollah ont écouté leur chef réaffirmer que la résistance…

Article

le

Le Hezbollah campe sur ses positions et défie Israël devant ses partisans

Rassemblés par dizaines de milliers autour du mausolée de Hassan Nasrallah, les soutiens du Hezbollah ont écouté leur chef réaffirmer que la résistance tient toujours. Naïm Qassem a prévenu que le désarmement de son mouvement n’aurait pas lieu avant le départ des troupes israéliennes du sud du Liban.

Le décor donne le ton. Des femmes en noir pleurent, des hommes scandent des slogans hostiles aux Etats-Unis et à Israël, d’autres agitent des fanions jaunes du Hezbollah mêlés à des drapeaux libanais et iraniens. La foule, forte de plusieurs dizaines de milliers de personnes, s’est massée dans et autour du mausolée de Hassan Nasrallah, dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du mouvement pro-iranien.

Devant ces partisans, Naïm Qassem a livré un message offensif. Selon lui, Israël n’a pas atteint ses objectifs. Il n’a pas réussi à briser la résistance, à mettre fin à son existence, à imposer l’occupation ni à installer des colonies dans le sud du Liban. Ses mots étaient retransmis sur des écrans géants pour la foule rassemblée.

Cette commémoration renvoie à une perte lourde. Hassan Nasrallah a dirigé le Hezbollah de 1992 jusqu’à sa mort, tué dans une frappe israélienne en septembre 2024. Il avait transformé la formation en une force politique et militaire incontournable au Liban et dans la région.

Depuis, le mouvement est sorti affaibli de deux guerres avec Israël. La première, menée pour soutenir le Hamas palestinien à Gaza, l’a décapité et a détruit une partie de son arsenal. La seconde, déclenchée en mars pour épauler l’Iran face aux Etats-Unis et à Israël, a de nouveau plongé le Liban dans la guerre. Israël a riposté par des bombardements massifs et occupe une partie du sud du pays. Ces hostilités ont fait plus de 4 300 morts, et des centaines de milliers de personnes restent déplacées.

Au cœur des tensions, la question du désarmement. Sous pression internationale, surtout américaine, le Liban a mis au point un plan pour désarmer le Hezbollah. Le parti s’y refuse et rejette les négociations engagées avec Israël. Naïm Qassem voit dans cette pression une manœuvre. Toute la pression vise à accomplir ce qu’Israël n’a pas réussi à faire en deux ans, estime-t-il, en pointant la volonté de faire désarmer son mouvement par l’armée libanaise. Il juge peu probable une confrontation avec cette institution, qu’il présente comme une armée nationale.

Il se dit pourtant prêt au dialogue avec le pouvoir libanais sur le désarmement, mais pose une condition. Que le sud soit libéré d’abord, et que ses habitants y retournent. En juin, le Liban et Israël ont conclu un accord-cadre sous l’égide des Etats-Unis, prévoyant un retrait progressif des forces israéliennes en échange d’un désarmement du Hezbollah. Sa mise en œuvre traîne, et Israël prévient qu’il restera dans le sud tant que des menaces pèseront sur sa sécurité.

Dans ce contexte, le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich a plaidé pour une annexion du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière, y voyant un moyen de mieux dissuader ses ennemis. La violence a reculé après un protocole d’accord américano-iranien en juin, puis l’accord-cadre. Israël continue toutefois ses frappes, disant viser des infrastructures du Hezbollah. Le mouvement, lui, n’a revendiqué aucune attaque depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, le 20 juin.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus