Europe
Le Canada arme l’Ukraine et mise sur un siècle d’alliance
Volodymyr Zelensky a décroché jeudi de nouveaux moyens de défense antiaérienne et un projet commun de drones lors de sa visite au Canada. Ottawa et Kiev…

Volodymyr Zelensky a décroché jeudi de nouveaux moyens de défense antiaérienne et un projet commun de drones lors de sa visite au Canada. Ottawa et Kiev veulent même sceller un partenariat sur cent ans.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a profité du passage de Volodymyr Zelensky à Calgary, dans l’ouest du pays, pour détailler une nouvelle salve d’aide. Ottawa débloque 350 millions de dollars canadiens, soit environ 218 millions d’euros, pour financer des missiles intercepteurs livrés à Kiev. Ces armes passeront par un programme américain auquel les alliés de l’Ukraine peuvent contribuer pour soutenir son effort de guerre.
Le Canada rejoint aussi le projet Freya, une initiative portée par l’entreprise ukrainienne Fire Point à laquelle plusieurs pays européens participent déjà. L’idée est de proposer une alternative moins onéreuse au Patriot américain ou au missile franco-italien Aster. Membre de la coalition des volontaires, Ottawa a déjà versé près de 26 milliards de dollars canadiens, soit à peu près 16 milliards d’euros, depuis le début du conflit.
Les deux dirigeants ont par ailleurs noué un partenariat de long terme sur la production de drones et de systèmes anti-drones sur le sol canadien, à partir de technologies ukrainiennes. Zelensky a salué un geste concret en assurant que 30 % de ces appareils partiront directement sur le champ de bataille pour sauver des vies. Pour aider le pays à franchir l’hiver, le Canada apportera en plus plus de 430 millions de dollars canadiens, environ 268 millions d’euros, en garanties de prêt destinées à l’achat de gaz.
Les deux pays veulent écrire un nouveau chapitre de leurs relations. Ils se sont engagés à formaliser un partenariat d’une durée de cent ans, couvrant la défense et la sécurité, le commerce et l’investissement, la reconstruction, l’énergie, les minéraux critiques et les technologies. Le texte doit être bouclé dans les prochains mois. Kiev avait signé un accord de même ampleur avec Londres en janvier 2025.
Cette visite, qui doit s’achever vendredi, se déroule sur fond de violences continues. Au moins quatre personnes ont été tuées et soixante blessées jeudi dans une frappe russe sur un centre commercial de Pavlograd, dans le centre-est de l’Ukraine. Russie et Ukraine ont nettement durci leurs frappes à longue portée depuis des mois, en visant de plus en plus des sites civils comme les usines, les raffineries, les entrepôts ou les infrastructures portuaires. Le bilan humain, lui, ne cesse de grimper.
Sur le plan diplomatique, Volodymyr Zelensky dit espérer une reprise des pourparlers entre Moscou, Kiev et Washington dès septembre pour sortir de la guerre. Le Kremlin n’exclut pas de renouer le dialogue à trois, tout en jugeant qu’il est encore trop tôt pour parler du lieu et des dates. Le président ukrainien a confié devant la presse qu’il devrait rencontrer Donald Trump fin septembre à New York, en marge d’une réunion avec l’équipe américaine.
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