Planète
Fumées toxiques et canicules, quand l’air devient plus dur à respirer
L’Organisation météorologique mondiale met en garde contre la hausse des feux extrêmes et de la chaleur. Les fumées de ces incendies sont plus nocives que…

L’Organisation météorologique mondiale met en garde contre la hausse des feux extrêmes et de la chaleur. Les fumées de ces incendies sont plus nocives que prévu et frappent bien au-delà des zones brûlées.
Respirer devient plus risqué. Alors que des progrès ont été faits pour réduire la pollution des villes, les incendies de forêt extrêmes et les vagues de chaleur cassent cette dynamique. L’Organisation météorologique mondiale avertit que le réchauffement climatique attise ces deux phénomènes. Pour elle, la qualité de l’air et le climat ne peuvent plus être traités comme deux sujets séparés. Si l’un se dégrade, l’autre suit.
Les particules fines PM2,5 sont au cœur du problème. D’un diamètre inférieur à 2,5 microns, elles s’enfoncent profondément dans les poumons puis passent dans la circulation sanguine. Europe et Amérique du Nord ont obtenu de vrais résultats en limitant celles venues de l’industrie et des transports. Mais l’exposition aux particules générées par les incendies augmente, elle, sans ralentir. Les scientifiques notent que les fumées de végétation brûlée sont beaucoup plus toxiques que les émissions habituelles. Elles peuvent parcourir des centaines de kilomètres et toucher des gens très loin des flammes.
Cette toxicité est pourtant mal prise en compte. Une étude épidémiologique citée par l’OMM montre que les modèles classiques, basés sur les concentrations de PM2,5, pourraient sous-estimer de 93% la mortalité liée aux incendies. Autrement dit, une grande partie de ces décès passe sous les radars. Et la note risque de s’alourdir. Les conditions météo qui favorisent les grands feux vont se multiplier, ce qui rendra plus difficile le respect des recommandations sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé.
La chaleur agit aussi sur l’ozone troposphérique. Ce polluant se forme au niveau du sol quand l’air stagne, que le soleil cogne et que les températures montent. Les vagues de chaleur en Europe ont offert un terrain idéal. Or une exposition prolongée à cet ozone endommage les voies respiratoires. L’OMM redoute des dizaines de milliers de décès supplémentaires.
Les feux laissent aussi derrière eux du carbone noir. Cette suie se dépose sur la neige et les glaces, les noircit et les rend moins capables de renvoyer la lumière du soleil. Résultat, elle amplifie le réchauffement climatique. Dans l’atmosphère flottent également des microplastiques, dont la concentration et les effets restent difficiles à mesurer.
Le message de l’OMM tient en quelques mots. La pollution de l’air et le changement climatique évoluent main dans la main. Vouloir améliorer l’une sans freiner l’autre ne suffira pas à protéger la santé.
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