Planète
Ils ont échappé de justesse à la coulée qui a tout balayé
Des rescapés racontent comment ils ont fui devant un mur de boue et d’eau après l’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya. Plus de 1 400 personnes…


Des rescapés racontent comment ils ont fui devant un mur de boue et d’eau après l’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya. Plus de 1 400 personnes manquent encore à l’appel.
La montagne a lâché une partie de sa glace et tout a basculé. À la frontière entre le Népal et la Chine, une coulée immense a déferlé dans les vallées, emportant routes, véhicules et habitations sur son passage. Les secours, arrivés par hélicoptère, sortent les survivants des zones ravagées. Mais le bilan est terrible. Plus de 550 personnes ont perdu la vie et plus de 1 400 sont toujours introuvables, dont de nombreux touristes étrangers. Témoignages.
Sivaranjani Muthunathan voyageait avec 56 pèlerins venus du sud de l’Inde. Leur autobus s’est arrêté dans ce qu’ils prenaient pour un embouteillage. Puis un nuage de fumée et de poussière les a enveloppés. Soudain, un torrent furieux s’est rué vers eux. Les véhicules autour d’eux disparaissaient sous l’eau. Le groupe a réussi à sortir du bus, un par un, et à grimper sur les pentes pour se mettre à l’abri. Pendant l’ascension, ils entendaient des pierres et des rochers débouler autour d’eux. Certains pèlerins, plus âgés, avaient du mal à monter. Une femme de 61 ans a alors défait son sari et l’a confié à son mari, qui s’en est servi comme harnais pour tirer plusieurs personnes âgées.
Les chantiers de barrages de la vallée de la Trishuli ont payé un lourd tribut. Un ouvrier évacué par hélicoptère raconte qu’au moins 400 personnes travaillaient sur le site. Selon lui, les morts sont plus nombreux que les rescapés. Un autre explique qu’il n’a survécu que parce qu’il se trouvait dans un tunnel au moment de la catastrophe. Il est resté isolé plus de 24 heures avant d’être secouru. Ses chefs, qui travaillaient de l’autre côté, ont tous été emportés. Sur le site hydroélectrique voisin, un ouvrier décrit des dégâts énormes. La force de l’eau a tout balayé, sans laisser de trace.
Les ingénieurs présents dans la zone ont vécu la même course contre la montre. L’un d’eux, dans une centrale électrique, a entendu un bruit fracassant avant de recevoir l’ordre de sortir. Dehors, tout avait disparu. Il ne restait plus que la rivière. Un camp d’habitations entier avait été emporté, un autre subsistait par miracle. Un autre ingénieur, près de Shanti Bazar, n’a eu que vingt secondes pour réagir avant que la boue et l’eau n’atteignent six mètres de haut. Il a fui avec les autres et a passé plus de 48 heures sur une colline, sans aide, avant que les secours n’arrivent enfin.
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