Monde
Les fumées indonésiennes poussent l’Asie du Sud-Est vers l’oxygène et les purificateurs
Depuis des mois, les feux de forêt en Indonésie enveloppent une partie de l’Asie du Sud-Est d’un brouillard toxique. Les écoles ferment, les troubles…


Depuis des mois, les feux de forêt en Indonésie enveloppent une partie de l’Asie du Sud-Est d’un brouillard toxique. Les écoles ferment, les troubles respiratoires augmentent et les familles se ruent sur bonbonnes d’oxygène et purificateurs d’air.
Le phénomène ne se limite pas à un voile âcre dans le ciel. Il s’installe dans le quotidien. Des établissements scolaires ont dû fermer et les problèmes respiratoires se multiplient. Face à cet air chargé de polluants, les foyers cherchent à protéger l’intérieur de leur logement. Les achats de bonbonnes d’oxygène et de purificateurs d’air grimpent fortement, et les fabricants fonctionnent à plein régime pour suivre le mouvement.
Près de Kuala Lumpur, un fournisseur d’équipements médicaux tourne à pleine capacité. Ses équipes livrent des bouteilles d’oxygène pour répondre à une demande en forte hausse. Une membre de l’équipe commerciale évoque une progression de 35 % des ventes liée au brouillard toxique. Elle se dit frappée par le nombre de patients qui ont besoin de ces bonbonnes. L’entreprise vend aussi des concentrateurs d’oxygène, plus endurants. Une bonbonne tient environ trois heures en usage continu, tandis qu’un concentrateur peut fonctionner près de 24 heures.
Un homme de 69 ans, resté plus d’un mois à l’hôpital, a reçu son premier concentrateur d’oxygène. Sans cet appareil, il respirerait mal, surtout avec ce brouillard toxique. Un technicien de 26 ans explique que le filtre d’un concentrateur se remplace normalement après 1 000 heures d’utilisation. Or les polluants issus des fumées réduisent sa durée de vie de moitié. Dans la salle d’exposition et l’entrepôt du fournisseur, près de 60 concentrateurs et environ 20 bonbonnes attendaient un entretien ou un remplacement.
Le marché des purificateurs d’air suit la même pente. Un distributeur régional d’électronique grand public a relevé une hausse de 600 % du volume de ses ventes par rapport à la même période un an plus tôt. Un porte-parole explique que les clients sont davantage attentifs à la qualité de l’air intérieur et cherchent des solutions pour rendre leur environnement plus sain et plus confortable. À Singapour, un autre distributeur constate une demande qui monte depuis quelques semaines, avec une accélération nette, et des ventes en forte hausse par rapport au niveau du début de la saison du brouillard.
La pollution reste élevée. Dans un classement en temps réel des grandes villes les plus polluées, Singapour apparaissait derrière Bagdad et devant Kuala Lumpur. Les experts alertent sur les effets d’une exposition prolongée aux polluants. Elle pourrait provoquer des inflammations nocives pour l’organisme, au point qu’un spécialiste parle d’une menace pour la santé publique à plusieurs niveaux. Une professeure en santé environnementale craint que les générations futures attrapent davantage de maladies respiratoires si elles sont exposées de façon répétée aux fumées et à la pollution de l’air, en particulier pendant l’enfance. Pour elle, il faut réduire l’exposition afin de protéger les enfants et d’éviter des conséquences durables.
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