Monde
Des nuits de frappes et des menaces de destruction massive le Moyen-Orient s’enfonce dans l’escalade
Les États-Unis bombardent l’Iran pour la cinquième nuit d’affilée, tandis que Téhéran promet de réduire à néant les infrastructures régionales si ses…

Mis à jour le 16 juillet à 21h31
Les États-Unis bombardent l’Iran pour la cinquième nuit d’affilée, tandis que Téhéran promet de réduire à néant les infrastructures régionales si ses propres installations sont touchées. La guerre indirecte s’étend désormais de l’Irak au Yémen, en passant par le Golfe.
Depuis vendredi, les frappes américaines s’enchaînent sans répit contre l’Iran. L’armée des États-Unis a annoncé une nouvelle salve de bombardements, la cinquième consécutive, qui a débuté en début de soirée. L’objectif affiché est clair : continuer à affaiblir les capacités militaires iraniennes. Plusieurs zones près du détroit d’Ormuz, ce passage maritime stratégique par lequel transite une part importante du pétrole mondial, ont été visées. L’île iranienne de Qeshm a été touchée à plusieurs reprises, selon les autorités locales. Dans le même temps, un drone a frappé un navire transportant des voitures américaines au large du port irakien de Bassorah, à proximité d’un terminal pétrolier.
De son côté, l’Iran ne se contente pas de subir. Son état-major a prévenu qu’il écraserait toutes les infrastructures de la région si les siennes étaient attaquées. Une menace qui fait écho aux propos de Donald Trump, qui avait promis de viser des centrales électriques et des ponts en Iran si les négociations n’avançaient pas. Les frappes américaines menées près d’un hôpital pour enfants à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, ont provoqué la colère de Téhéran. Le gouvernement iranien parle d’une attaque barbare et affirme que plus de deux cents patients sous chimiothérapie ont dû être évacués d’urgence.
La confrontation s’élargit. Les rebelles houthis, alliés de l’Iran au Yémen, menacent désormais les installations pétrolières saoudiennes et l’aéroport de Ryad. L’armée iranienne a revendiqué des attaques de drones contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, visant notamment des systèmes radar et des sites de stockage de carburant. Bahreïn et le Koweït disent avoir contré ces attaques, mais l’armée koweïtienne fait face à de nouveaux tirs de drones venus d’Iran. La Jordanie, elle, annonce avoir intercepté huit missiles iraniens qui visaient son territoire.
Au milieu de cette escalade, des appels à la désescalade se font entendre. Le Pakistan exhorte Washington et Téhéran à revenir à la table des négociations, comme prévu dans un accord signé en juin avec sa médiation. L’Organisation maritime internationale rappelle qu’aucune restriction à la navigation dans les détroits n’est envisageable au regard du droit international. Pourtant, les États-Unis viennent d’approuver une vente d’armes de près de deux milliards de dollars à l’Arabie saoudite, un allié clé dans la région. La poudre parle plus fort que les mots, et le monde retient son souffle.
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