Monde
Des pins sauvagement tailladés dans le Gard, une enquête ouverte
Dans une forêt privée à Aubais, une vingtaine de pins ont été délibérément mutilés, condamnés à tomber. Un acte de vandalisme qui relance les tensions…


Dans une forêt privée à Aubais, une vingtaine de pins ont été délibérément mutilés, condamnés à tomber. Un acte de vandalisme qui relance les tensions autour du débroussaillement par les chèvres.
Depuis plusieurs semaines, les promeneurs qui s’aventurent dans les bois d’Aubais découvrent des scènes troublantes. Des pins, entaillés en profondeur tout autour du tronc, laissent couler leur sève. Certains se sont déjà effondrés. D’autres vont suivre dans les semaines à venir. Cette technique s’appelle le cerclage. Les forestiers l’expliquent clairement en coupant l’écorce sur toute la circonférence, on prive l’arbre de sa sève. Le bois vivant se trouve justement sous l’écorce. Résultat, l’arbre meurt à petit feu. Et dans une zone fréquentée par les habitants, il devient un danger. L’adjoint à l’environnement, Antoine Rousseau, s’inquiète pour les joggeurs et les familles qui passent par là. Mais la parcelle est privée, la mairie ne peut que donner l’alerte.
Qui a fait ça ? Et pourquoi ? Les experts écartent d’emblée la piste du bois de chauffage. Un voleur aurait ciblé des chênes, pas des pins. Le cerclage n’est pas non plus une pratique professionnelle. D’habitude, on ne fait jamais le tour complet du tronc, précisent les techniciens. Cela laisse penser que l’auteur n’est pas un forestier. Une autre hypothèse agite les discussions locales. Depuis deux ans, la commune expérimente le pastoralisme pour débroussailler les sous-bois. Des chèvres pâturent dans certaines zones pour limiter les risques d’incendie. Un projet soutenu par 20 000 euros d’aides publiques. Mais ce débroussaillement a déjà abîmé quelques arbres, l’écorce rongée par les bêtes. Un élu d’opposition, Christophe Slaats, fait le lien avec les pins entaillés. Il soupçonne une réaction contre ce programme.
Pour l’instant, la motivation reste floue. Antoine Rousseau minimise l’épisode des chèvres. Selon lui, les dégâts étaient anecdotiques et liés au confinement. Il parle plutôt d’un acte isolé et malveillant. Mais retrouver le coupable s’annonce difficile. La parcelle appartient à des propriétaires allemands, que la mairie tente de contacter pour qu’ils portent plainte. En attendant, les troncs cerclés se dressent comme des blessures silencieuses. « Il faudrait le prendre en flagrant délit », résume l’élu. Une solution qui semble bien incertaine face à l’étendue des dégâts.
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