Europe
Bruxelles descend dans la rue contre la rigueur budgétaire
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé vendredi dans la capitale belge pour dénoncer les économies drastiques préparées par le gouvernement. La…


Des dizaines de milliers de personnes ont défilé vendredi dans la capitale belge pour dénoncer les économies drastiques préparées par le gouvernement. La journée a été marquée par des débordements en marge du cortège, avec des affrontements et une vingtaine d’arrestations.
Vendredi, la capitale belge a vu déferler plusieurs dizaines de milliers de personnes, 30 000 selon la police, venues crier leur opposition à la rigueur budgétaire. Deux grandes organisations syndicales du pays avaient lancé l’appel, et le parcours reliait la Gare centrale à celle du Midi, en traversant les Marolles. Le rassemblement s’inscrivait dans un climat déjà électrique, alors qu’un mouvement lycéen agite depuis des semaines l’enseignement francophone.
La journée n’a pas été de tout repos. Des groupes de jeunes gens, souvent habillés de noir et le visage masqué, ont lancé sur les forces de l’ordre des pavés, des bâtons, des bouteilles en verre et des engins pyrotechniques. Les policiers ont riposté à coups de canons à eau et de gaz lacrymogène. Des conteneurs à poubelles et des trottinettes ont brûlé, un bus a été saccagé, et des incidents ont éclaté en début d’après-midi du côté de la Gare du Midi, point d’arrivée du défilé. Une vingtaine de suspects ont été interpellés, en majorité des mineurs. La police a tenu à préciser que ces troubles n’avaient aucun lien avec les revendications ni avec le déroulement de la manifestation.
En toile de fond, un budget sous haute pression. Le Premier ministre Bart De Wever négocie avec ses partenaires de coalition un effort de dix milliards d’euros d’économies d’ici à 2029, afin de ramener un déficit qui dépasse les 5 % du PIB. Le dirigeant conservateur flamand espère un compromis d’ici au 13 octobre, date à laquelle il doit présenter sa feuille de route au Parlement. Il assume des « choix audacieux et difficiles », prêt à raboter plusieurs milliards dans la santé et à relever la TVA en pleine inflation. Les syndicats, eux, redoutent que cette coalition de cinq partis ancrée au centre-droit écarte une fois de plus la piste d’une taxation des hauts revenus. Dans la foule, de nombreux slogans pointaient les écarts de richesse grandissants. « La facture ne peut une nouvelle fois être présentée aux citoyens ordinaires », a averti la CSC, première organisation syndicale du pays.
Les étudiants ont gonflé les rangs, vent debout contre les coupes qui frappent l’enseignement francophone. La mesure qui cristallise la colère est la hausse des droits d’inscription, le « minerval », dans les grandes écoles et les universités. Depuis le 1er octobre, les établissements du secondaire s’agitent, avec des manifestations quasi quotidiennes et des dégradations à Liège. Le ministre de l’Intérieur, le libéral Bernard Quintin, a fustigé l’action de « casseurs » dans la cité wallonne. « Il y a une accélération de la dégradation, les gens en ont marre. Comme les enseignants, les élèves voient aussi que ça se dégrade », résume un responsable syndical de l’enseignement. Une étudiante en communication confie de son côté que sans mobilisation, la situation ne fera qu’empirer. Pour une députée socialiste bruxelloise, l’exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles doit revenir sur cette hausse des droits, qui pèsera d’environ 1 200 euros par an sur 60 % des étudiants. Prétendre que les épaules les plus larges paieront davantage relève, selon elle, d’une fausse évidence.
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