Europe
Pour une histoire de leurres de pêche, deux adolescents reconnaissent avoir tué Théo, 11 ans

Les deux mis en cause ont avoué avoir étranglé le garçon pour se venger et récupérer du matériel de pêche d’une valeur de quelques dizaines d’euros. Leur garde à vue a été prolongée, et ils seront présentés mercredi au tribunal pour une possible mise en examen pour meurtre sur mineur.
Que s’est-il passé exactement sur les bords de la Vilaine, à Rennes ? Le corps de Théo, 11 ans, a été retrouvé dimanche en fin d’après-midi dans un coin boisé, non loin du centre-ville. C’est un riverain qui a prévenu la police après avoir entendu les cris d’un enfant. En arrivant sur place, les agents ont découvert le garçon inanimé, une serviette de bain serrée autour du cou. L’autopsie a confirmé la cause du décès une strangulation. Très vite, les enquêteurs ont remonté la piste de deux adolescents, un garçon de 16 ans et une fille de 15 ans, qui avaient passé l’après-midi avec Théo. Tous trois étaient venus pêcher ensemble. Mais quand les policiers sont arrivés, les deux jeunes avaient déjà quitté les lieux en courant. Et sur place, plus aucune des affaires de pêche de Théo.
Le lendemain, l’adolescent de 16 ans a été interpellé. La fille de 15 ans s’est rendue d’elle-même au commissariat. Tous deux sont inconnus de la justice et amis, ils fréquentent le même établissement scolaire. Lors de leurs auditions, leurs versions ne concordent pas totalement, a prévenu le procureur. Mais ils reconnaissent tous les deux avoir étranglé le garçon. Leur motif ? Ils disent avoir voulu se venger et récupérer des leurres de pêche, d’une valeur de quelques dizaines d’euros, que Théo leur aurait pris. Pourtant, la veille des faits, Théo avait spontanément dit à ses parents que le jeune rencontré lui avait donné ces leurres. Les objets de Théo ont été retrouvés chez chacun des deux adolescents lors des perquisitions.
Dans le collège rennais où était scolarisé Théo, une cellule d’écoute a été mise en place dès mardi matin pour accompagner élèves et enseignants. À la sortie des cours, la mort du garçon était sur toutes les lèvres. Des parents demandaient à leurs enfants ce qui s’était passé. Un élève a raconté que son professeur d’histoire en avait rapidement parlé. Une collégienne de troisième a confié son choc. « On ne pensait pas que ce genre de chose pouvait arriver ici », a-t-elle dit. Les parents de Théo, eux, ont autorisé la diffusion du prénom de leur fils, mais ils ont surtout lancé un appel aux médias pour que leur douleur soit respectée et que le harcèlement cesse.

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