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La pénalisation du protoxyde d’azote, une fausse piste selon les addictologues

Alors qu’un projet de loi entend criminaliser l’inhalation de ce gaz, les professionnels de l’addictologie plaident pour une réponse axée sur la santé publique et la prévention, jugée plus efficace face à un phénomène préoccupant.
La proposition de faire de l’usage détourné du protoxyde d’azote un délit suscite de vives résistances dans le milieu médical. Pour de nombreux spécialistes, cette approche répressive, inscrite dans un texte législatif récent, constitue une impasse. Ils estiment qu’elle risque d’aggraver la situation en éloignant les consommateurs des circuits de soins, sans pour autant enrayer les pratiques.
Le gaz, communément appelé « proto » ou « gaz hilarant », est initialement destiné à un usage culinaire ou médical. Son détournement, particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes, s’est largement répandu en raison de son accessibilité et de son faible coût. Les usagers recherchent généralement un effet euphorisant immédiat, mais les modalités de consommation ont évolué, devenant parfois quotidiennes et massives.
Les conséquences sur la santé sont désormais bien documentées. Les autorités sanitaires alertent sur des risques neurologiques et cardiovasculaires sévères, pouvant mener à des séquelles permanentes. Des cas de troubles moteurs invalidants sont régulièrement observés dans les services hospitaliers.
Face à ce constat, la communauté des addictologues appelle à privilégier une stratégie cohérente. Elle préconise un renforcement significatif des campagnes d’information, un soutien aux actions de terrain et un meilleur encadrement de la vente du produit. Les soins, qui nécessitent souvent un accompagnement pluridisciplinaire complexe, doivent selon eux recevoir des moyens à la hauteur des enjeux.
L’argument central des professionnels repose sur l’expérience acquise en matière de réduction des risques. La menace de sanctions pénales, jugée contre-productive, ne permettrait pas selon eux de modifier les comportements. Ils défendent une approche fondée sur la confiance et l’accompagnement, considérant que seule une politique de santé publique robuste peut infléchir durablement la courbe des usages problématiques.

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