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Culture

Hermès et Céline, deux visions de la femme moderne à la Fashion Week de Paris

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_**Le sixième jour des défilés parisiens a vu s’opposer deux univers distincts. La maison Hermès a convoqué la poésie d’une forêt crépusculaire, tandis que Céline a rendu hommage à l’élégance quotidienne de la Parisienne.**_

Dans l’enceinte historique de la Garde républicaine, transformée pour l’occasion en sous-bois nocturne, Hermès a dévoilé sa proposition pour l’automne-hiver 2026. L’atmosphère, imprégnée d’odeurs de terre et de mousse, servait d’écrin à une collection intitulée « Entre chien et loup ». La directrice artistique Nadège Vanhée-Cybulski y a exploré le moment ambigu où le jour cède la place à la nuit, évoquant une silhouette à la fois assurée et mystérieuse.

Le vestiaire, décliné dans une palette de soufre, de bordeaux et de vert profond, prônait une sensualité maîtrisée. Des combinaisons en cuir, des robes courtes fermées par une longue fermeture éclair ou des manteaux aux cols en mouton toscan dialoguaient avec des pièces d’équitation réinterprétées, comme les jodhpurs. L’esthétique trouvait son équilibre entre la rigueur du harnachement et la liberté du mouvement, les modèles avançant d’un pas décidé dans des cuissardes à talons plats.

De l’autre côté de la Seine, à l’Institut de France, Céline présentait une tout autre grammaire. Le directeur artistique Michael Rider a placé sa collection sous le signe de l’élégance personnelle et du confort assumé. Inspiré par le style instinctif des habitantes de la capitale, il a composé un vestiaire sophistiqué destiné à arpenter le pavé parisien.

La maison a mis en avant des pièces structurées, des derbies et des escarpins à petit talon, articulant une garde-robe du jour pratique sans renoncer à la sophistication. Pour la soirée, l’esprit se faisait plus radical, proposant des tenues intégralement noires, de la coiffe andalouse au col roulé, jusqu’aux accessoires. Cette présentation affirmait une conviction simple, celle qu’une tenue peut influer sur l’humeur et la posture de celle qui la porte.

Ces deux défilés, aux partis pris diamétralement opposés, ont illustré la diversité des réponses apportées par la haute couture française à la question de la modernité. La semaine s’est poursuivie avec les présentations d’autres maisons prestigieuses, confirmant le rôle de Paris comme laboratoire incontournable de la création vestimentaire.

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