Société
L’Australie impose un filtrage strict pour protéger les mineurs en ligne

_**Le régulateur australien contraint les plateformes numériques, des sites pour adultes aux chatbots d’intelligence artificielle, à mettre en place des barrières d’âge efficaces à partir de cette semaine.**_
L’Australie franchit une nouvelle étape dans sa régulation du web. Dès ce lundi, une série d’acteurs du numérique se voient obligés de déployer des systèmes de vérification d’âge avérés pour empêcher tout accès aux utilisateurs de moins de dix-huit ans. Cette mesure, édictée par l’autorité de régulation eSafety, vise explicitement les sites à contenu pour adultes, les moteurs de recherche, les boutiques d’applications, les fournisseurs de jeux en ligne ainsi que les services d’intelligence artificielle générative, incluant les chatbots.
Le simple fait de cliquer sur une case pour attester de sa majorité ne sera désormais plus considéré comme suffisant. Les entreprises concernées doivent implémenter des processus jugés précis et fiables. En cas de manquement à cette obligation, elles s’exposent à des sanctions financières pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars australiens. Certains sites ont d’ores et déjà anticipé la règle en restreignant l’accès.
Cette initiative s’inscrit dans un cadre législatif plus large récemment adopté par Canberra. Depuis quelques jours, une loi interdit déjà aux jeunes de moins de seize ans d’utiliser les principaux réseaux sociaux sur le territoire national. Le gouvernement australien entend ainsi créer un environnement numérique plus sûr, en limitant l’exposition des mineurs à des contenus potentiellement préjudiciables, qu’il s’agisse de matériel explicite, de représentations violentes ou de thématiques sensibles liées à la santé mentale.
Les moteurs de recherche sont également concernés par des ajustements. Pour les recherches effectuées sans connexion à un compte personnel, les résultats affichant du contenu pornographique ou des scènes de violence extrême seront automatiquement estompés. Par ailleurs, les requêtes évoquant le suicide ou les troubles du comportement alimentaire orienteront en priorité les internautes vers des lignes d’assistance et des ressources de soutien psychologique.
Les autorités reconnaissent qu’aucun dispositif ne peut garantir une protection absolue. Elles estiment néanmoins que ces obligations, en s’appliquant à un large éventail de services en ligne, constituent une avancée significative pour la sécurité des plus jeunes sur internet.

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