Monde
L’ordre établi s’efface, l’Europe sommée de se réinventer

À la Conférence de Munich sur la sécurité, le constat d’un monde transformé s’impose. Les responsables occidentaux s’interrogent sur les fondements d’une alliance atlantique en pleine recomposition.
Le constat, désormais partagé, d’un ancien système international révolu a dominé les débats du deuxième jour de la conférence. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio doit prononcer un discours attendu ce samedi, dans un contexte où Européens et Américains reconnaissent, malgré leurs divergences, les fragilités de leur partenariat historique.
La veille, le chancelier allemand Friedrich Merz avait lancé un appel à restaurer une confiance transatlantique mise à rude épreuve. Cette inquiétude fait écho aux récentes déclarations de l’administration américaine, qui a placé la relation avec ses alliés européens sous tension, allant jusqu’à évoquer des risques existentiels pour le Vieux Continent dans sa dernière stratégie de sécurité nationale. Le chef du gouvernement allemand a toutefois rappelé qu’à l’heure des rivalités entre grandes puissances, aucun acteur, pas même les États-Unis, ne pouvait agir seul.
De son côté, le président français Emmanuel Macron a souligné la nécessité pour l’Europe de définir clairement ses propres ambitions et ses attentes vis-à-vis de Washington. Lors de son intervention, il a plaidé pour que l’Union européenne soit considérée comme un exemple plutôt que comme une cible de critiques. Il a également évoqué l’après-conflit en Ukraine, insistant sur la nécessité pour l’Europe d’établir ses propres règles de coexistence avec la Russie une fois la paix rétablie, afin de contenir tout risque d’escalade.
La question de l’autonomie stratégique européenne, notamment dans le domaine de la défense, a été au cœur des discussions. Le Premier ministre britannique Keir Starmer doit aujourd’hui exhorter les Européens à réduire leur dépendance excessive envers les capacités militaires américaines, en renforçant leur coopération industrielle. Cette vision rejoint l’analyse du secrétaire général de l’OTAN, qui observe un changement de mentalité au sein de l’Alliance, avec une Europe assumant un rôle de leadership plus marqué.
Les entretiens bilatéraux du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avec son homologue chinois et plusieurs dirigeants européens, ont illustré l’agenda chargé de ces rencontres. Les tensions récentes concernant le Groenland, qui avaient ébranlé l’Alliance atlantique, ont également été évoquées en marge des sessions officielles.
La journée de samedi sera également marquée par l’intervention du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Son discours intervient dans un contexte d’appels renouvelés, émanant notamment de Washington, pour une accélération du processus diplomatique avec Moscou. Parallèlement, la présidence française du G7 réunira les ministres des Affaires étrangères pour aborder les crises internationales majeures, de l’Ukraine au Moyen-Orient, où un renforcement notable des dispositifs militaires américains est observé.

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