Monde
Laurent Gbagbo dénonce une mascarade électorale en Côte d’Ivoire

L’ancien chef de l’État ivoirien, dont la candidature a été rejetée, qualifie le processus électoral de « coup d’État civil » et exprime son soutien aux manifestants s’opposant à ce qu’il considère comme une confiscation du scrutin.
À trois jours du premier tour de la présidentielle ivoirienne, l’ancien président Laurent Gbagbo a vivement condamné l’organisation du scrutin. Dans un entretien accordé à un média panafricain, le leader politique a fustigé ce qu’il présente comme un « braquage électoral » et un « coup d’État civil », tout en apportant son soutien aux mobilisations contestataires. L’opposition ivoirienne dénonce depuis plusieurs semaines l’exclusion de ses deux figures principales, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, ainsi que la candidature du président sortant Alassane Ouattara pour un quatrième mandat.
Le parti de Laurent Gbagbo et celui de Tidjane Thiam avaient initialement appelé à des manifestations, interdites par les autorités au motif de risques pour l’ordre public. L’ancien président a toutefois précisé qu’il n’incitait pas ses partisans à descendre dans la rue, et aucun responsable d’opposition n’a été observé dans les récentes mobilisations. Les tensions politiques ont déjà entraîné des conséquences dramatiques, avec quatre décès enregistrés depuis la mi-octobre lors d’affrontements ou d’opérations de sécurité.
Les candidatures de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ont été invalidées pour des raisons constitutionnelles, la première en raison d’une condamnation pénale liée à la crise post-électorale de 2010-2011, la seconde pour des questions de nationalité. L’ancien président a fermement exprimé son refus de cette situation, estimant que les principaux challengers potentiels avaient été écartés de la compétition électorale.
Des mouvements de protestation sporadiques continuent d’éclater dans plusieurs régions du pays, notamment dans le sud, l’ouest et le centre, des zones traditionnellement favorables à l’opposition. Les autorités ont procédé à plus de sept cents interpellations, certaines pour des actes qualifiés de terroristes, et au moins soixante personnes ont écopé de peines de prison ferme pour trouble à l’ordre public.
Face à cette configuration politique, Laurent Gbagbo a annoncé qu’il ne soutiendrait aucun candidat en lice et a évoqué son retrait progressif de la vie politique. Après les législatives de décembre, il a confirmé qu’il ne briguerait plus la direction de son parti et qu’il renoncerait à toute fonction politique, tout en précisant qu’il ne prendrait pas sa retraite pour autant. Le scrutin présidentiel du week-end verra s’affronter quatre candidats face au président sortant, dont d’anciens proches de Laurent Gbagbo et des dissidents de l’opposition historique.

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