Planète
L’essor des énergies vertes marque le pas, compromettant l’ambition mondiale

Le rythme de développement des énergies renouvelables s’essouffle sous l’effet de réorientations politiques majeures, éloignant la perspective d’un triplement des capacités d’ici 2030.
La progression des énergies renouvelables connaît un net ralentissement, selon les dernières analyses, rendant improbable l’objectif international de triplement des capacités installées d’ici la fin de la décennie. Cette tendance résulte principalement de révisions réglementaires et fiscales intervenues aux États-Unis et en Chine, deux marchés déterminants pour la transition énergétique mondiale. L’Agence internationale de l’énergie anticipe désormais une augmentation globale des capacités vertes équivalant à 2,6 fois le niveau de 2022, un chiffre inférieur aux projections antérieures.
Le secteur avait pourtant franchi un cap symbolique au premier semestre, les renouvelables représentant 34,3 % de la production électrique mondiale, dépassant ainsi la part du charbon. Le solaire et l’éolien progressent à un rythme suffisant pour couvrir la hausse de la demande électrique, mais leur expansion est freinée par des politiques moins incitatives. Outre-Atlantique, la révision des crédits d’impôt fédéraux a conduit à une réduction de près de moitié des prévisions de croissance. En Chine, le basculement vers un système d’appels d’offres pour l’achat d’électricité verte affecte la rentabilité des projets.
Certaines régions compensent partiellement ce recul. L’Inde devrait devenir le deuxième marché mondial en matière de croissance des énergies renouvelables, avec un parc multiplié par 2,5 dans les cinq ans. L’Union européenne, portée par l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Pologne, voit également ses perspectives légèrement rehaussées. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord enregistrent une progression de 25 % dans les prévisions.
Le solaire photovoltaïque restera le principal moteur de cette expansion, représentant près de 80 % des nouvelles capacités au cours des cinq prochaines années. L’éolien, l’hydroélectricité et la géothermie affichent également un dynamisme notable, cette dernière atteignant des niveaux records sur plusieurs marchés. Le développement des énergies marines rencontre en revanche des difficultés, notamment aux États-Unis, où les orientations politiques ont été revues.
L’intégration croissante des renouvelables dans le mix électrique mondial, qui devrait atteindre 30 % d’ici 2030, impose une adaptation des réseaux. Leur intermittence nécessite le déploiement de solutions de flexibilité, qu’il s’agisse de systèmes de charge intelligente, de stockage d’énergie ou de moyens de pilotage de la demande. Ces ajustements sont indispensables pour garantir la stabilité des réseaux et optimiser l’utilisation d’une production décentralisée.

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