Culture
La renaissance dorée de Notre-Dame de la Garde

Un chantier d’exception redonne son éclat à l’emblème marseillais. Les artisans, perchés à plus de 200 mètres, appliquent méticuleusement des milliers de feuilles d’or sur la statue de la Vierge à l’enfant.
Accroupie sous une vaste protection blanche, une restauratrice dépose avec une précision infinie des lamelles d’or sur la main de l’enfant Jésus. Ce geste ancestral marque l’une des phases finales de la rénovation de la basilique Notre-Dame de la Garde, un symbole cher aux Marseillais. Déposée temporairement de sa couronne cet été, la statue fait l’objet d’une attention minutieuse pour retrouver sa splendeur originelle, altérée par les assauts du mistral, de l’air marin et des pollutions industrielles.
L’équipe d’artisans spécialisés travaille dans des conditions techniques remarquables. L’échafaudage est entièrement encapsulé pour former un atelier suspendu, à l’abri des intempéries et des poussières. Cette innovation permet un travail en milieu contrôlé, essentiel pour la qualité de l’application des feuilles d’or. Chaque geste est mesuré, chaque fragment d’or est précieusement récupéré, témoignant du respect porté à ce matériau noble.
L’opération, d’une envergure rare, mobilise des compétences techniques et artistiques hors du commun. Près de quarante mille feuilles d’or seront nécessaires pour couvrir les quelque cent mètres carrés de la statue. Malgré cette quantité impressionnante, le poids total d’or utilisé avoisine à peine cinq cents grammes. Les spécialistes estiment que cette nouvelle dorure, combinée à un traitement de dessalement méticuleux, devrait assurer la pérennité de l’œuvre pour les cinquante prochaines années.
Le financement de ce projet ambitieux, évalué à 2,8 millions d’euros, a mobilisé une large communauté. Le diocèse de Marseille, propriétaire des lieux, avait initié une campagne de dons invitant les particuliers à parrainer symboliquement une feuille d’or. Des entreprises locales et des mécènes ont également apporté leur soutien, confirmant l’attachement collectif à ce patrimoine.
L’émotion est palpable parmi les équipes et les observateurs. Pour les artisans, souvent originaires de la région, participer à cette restauration revêt une dimension personnelle et symbolique forte. L’architecte en charge du chantier souligne l’émerveillement partagé par tous ceux qui approchent ce travail d’exception. Des projecteurs rhythmés, visibles de toute la ville, ont été installés pour rassurer les habitants pendant la durée des travaux et annoncer la renaissance prochaine de leur Bonne Mère, dont le retour est attendu pour début décembre.

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