Planète
Des taxis afghans improvisent des solutions face à la fournaise

Dans les rues de Kandahar, des chauffeurs ont adapté leurs véhicules pour affronter des températures caniculaires, transformant leurs toits en supports de climatisation artisanale.
Sous un soleil implacable, les taxis bleus de Kandahar arborent désormais une singularité inédite. Perchés sur leurs toits, des climatiseurs portatifs diffusent un air frais salvateur à l’intérieur des habitacles. Cette ingéniosité locale répond à une réalité brutale. Les températures estivales dépassent régulièrement les 40 degrés dans cette région du sud de l’Afghanistan, tandis que les systèmes de climatisation d’origine, souvent défaillants ou absents, ne suffisent plus.
Les chauffeurs ont adopté ces dispositifs avec pragmatisme. Reliés à la batterie du véhicule ou alimentés par des panneaux solaires, ces appareils, parfois remplis d’eau, offrent une alternative économique à des réparations coûteuses. Abdul Bari, l’un de ces conducteurs, souligne l’efficacité du système. Contrairement à la climatisation traditionnelle, limitée à l’avant de la voiture, cette solution artisanale rafraîchit l’ensemble de l’espace.
L’initiative séduit autant les passagers que les professionnels. Gul Mohammed, un autre taxi, a investi l’équivalent de 36 euros dans ce dispositif, sans répercuter le coût sur ses clients. Pour Murtaza, un fabricant local, cette demande croissante illustre une adaptation nécessaire face à des étés de plus en plus torrides. Les véhicules, souvent importés d’occasion et déjà vétustes, peinent à supporter des conditions climatiques extrêmes.
Cette innovation témoigne des défis posés par le réchauffement dans un pays particulièrement vulnérable. L’Afghanistan subit de plein fouet des vagues de chaleur accrues, tandis que l’accès à des infrastructures modernes reste limité. Les coupures d’électricité et le coût élevé des équipements rendent ces alternatives improvisées vitales pour de nombreux habitants.
À l’arrière d’un de ces taxis, Norullah, jeune passager, savoure chaque bouffée d’air frais. Comme lui, des milliers d’Afghans voient dans ces adaptations de fortune une bouffée d’oxygène, au sens propre comme au figuré. Une réponse modeste, mais tangible, à une crise climatique dont les effets s’intensifient année après année.

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