Économie
Jean-Yves Haberer, l’ancien banquier qui a plongé le Crédit Lyonnais dans le chaos

Son parcours exemplaire n’aura pas suffi à éviter l’un des plus retentissants scandales financiers français. L’ex-PDG s’est éteint à 92 ans, laissant derrière lui une banque en ruine.
Jean-Yves Haberer, disparu cette semaine, incarnait la figure paradoxale d’un haut fonctionnaire brillant dont l’ambition démesurée conduisit le Crédit Lyonnais au bord de l’effondrement. Cet ancien élève de Sciences Po et de l’ENA, passé par les cabinets ministériels et la direction du Trésor, avait pourtant tout pour réussir lorsqu’il prit les commandes de l’établissement bancaire en 1988.
Sous son impulsion, la banque publique se lança dans une frénésie d’acquisitions et de prises de participation, cherchant à rivaliser avec les géants allemands. Usinor, Rhône-Poulenc, Thomson ou encore le Club Med : le portefeuille du Crédit Lyonnais gonfla démesurément, alimenté par une stratégie expansionniste à haut risque. Les observateurs de l’époque parlaient déjà d’une banque « ivre de croissance », surnommée outre-Atlantique le « Crazy Lyonnais ».
Le retour à la réalité fut brutal. La crise immobilière des années 1990, couplée à des investissements hasardeux comme le rachat de la MGM par une filiale néerlandaise, révéla l’ampleur des pertes. En 1993, l’établissement frôla la faillite, obligeant l’État à intervenir à plusieurs reprises pour un sauvetage estimé à plus de 8 milliards d’euros.
Condamné en 2005 pour dissimulation comptable, Jean-Yves Haberer avait endossé le rôle de bouc émissaire, dénonçant des « persécutions » tout en reconnaissant certaines erreurs. Son héritage reste marqué par cette débâcle financière, l’une des plus coûteuses de l’histoire bancaire française. Privatisé en 1999 puis absorbé par le Crédit Agricole, le Crédit Lyonnais, rebaptisé LCL, ne se remettra jamais complètement de cette époque tumultueuse.

PolitiqueEn Ligne 6 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
SociétéEn Ligne 6 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
SociétéEn Ligne 7 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 6 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 6 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
Faits DiversEn Ligne 3 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 6 joursCouvre-feux prolongés, Lecornu consulte les syndicats sans convier les lycéens
PolitiqueEn Ligne 6 joursÀ l’Assemblée, Nuñez défend ses services et renvoie les Insoumis à leurs responsabilités
















