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250 ans d’Amérique en trente objets : le pari du Smithsonian

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Le Smithsonian Museum de Washington relève le défi de condenser deux siècles et demi d’histoire américaine en une trentaine d’artefacts, de la plume de Thomas Jefferson à la combinaison spatiale de Sally Ride.

Le bureau en acajou sur lequel Thomas Jefferson griffonna la Déclaration d’indépendance, une ampoule à incandescence, une combinaison de vol en cuir et un maillot de baseball. Ces pièces, parmi d’autres, composent l’exposition « American Aspirations » qui se tient à Washington pour les deux mois à venir, à l’approche du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. L’institution Smithsonian, qui chapeaute plus d’une vingtaine de musées et galeries, s’est attelée à une tâche herculéenne : sélectionner trente objets parmi les cent cinquante millions de sa collection.

Abeer Saha, l’un des commissaires de l’exposition, confie avoir passé plus de deux ans sur ce projet. L’équipe a cherché à mettre en lumière les moments et les récits qui illustrent la manière dont les Américains ont tenté de concrétiser les idéaux énoncés pour la première fois dans la Déclaration d’indépendance. Aucune intervention politique n’a influencé le choix des pièces, assure-t-il. Un journaliste présent lors de l’avant-première a noté que la seule référence au président actuel dans la collection était un badge de campagne « Trump-Vance », placé aux côtés de ceux d’autres présidents récents, démocrates comme républicains.

L’exposition est installée dans le bâtiment historique du Smithsonian, près du National Mall. La visite débute par le bureau même où Thomas Jefferson a rédigé le document fondateur. Lisa Kathleen Graddy, commissaire spécialisée dans l’histoire politique américaine, souligne que Jefferson, conscient de l’importance historique de son geste, avait apposé une note sur le meuble pour en attester l’authenticité.

Non loin de là, une grande affiche arbore un texte de Frederick Douglass, célèbre abolitionniste. Brandie lors d’un défilé en 1863, pendant la guerre de Sécession, elle appelait les personnes noires à s’engager dans le combat. La collection comprend également un texte dactylographié du discours « I Have a Dream » de Martin Luther King, prononcé en 1963, ainsi que le maillot porté par le premier joueur de baseball latino intronisé au panthéon de son sport.

Les avancées économiques et scientifiques des États-Unis sont aussi représentées. Une pépite d’or de la ruée californienne côtoie l’ampoule créée par Thomas Edison en 1879. Le thème de la conquête de nouveaux horizons est illustré par la combinaison de vol en cuir d’Amelia Earhart, première femme à traverser l’Atlantique en avion et disparue en 1937 lors d’un tour du monde. À ses côtés, la veste de vol bleu pâle de Sally Ride, devenue en 1983 la première Américaine à voyager dans l’espace. Jennifer Levasseur, du musée national de l’Air et de l’Espace, rappelle que Ride a profondément changé la perception de qui pouvait prétendre à l’exploration spatiale, tant aux États-Unis que dans le monde entier.

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