Économie
Vivendi sous le feu des critiques européennes et financières
Le groupe de Vincent Bolloré fait face à un double revers, entre les injonctions de l’AMF et les accusations de Bruxelles concernant sa prise de contrôle de Lagardère.
L’empire médiatique de Vincent Bolloré essuie deux décisions défavorables en quelques heures. Vendredi, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a sommé le groupe Bolloré de lancer une offre publique de retrait (OPR) sur les actions Vivendi qu’il ne détient pas encore. Cette injonction fait suite à un réexamen demandé par la cour d’appel de Paris, l’AMF estimant désormais que la participation du milliardaire, combinée aux actions auto-détenues par Vivendi, dépasse le seuil des 30 % déclenchant cette obligation. Bien que la scission du groupe en quatre entités distinctes ne soit pas remise en cause, cette décision pourrait conduire à d’importantes compensations pour les actionnaires minoritaires.
Sur le marché boursier, l’action Vivendi a pourtant clôturé en hausse de 13,26 %, à 3,33 euros, les investisseurs anticipant une prime liée à cette opération. Mais l’optimisme a été tempéré en fin de journée par une annonce de la Commission européenne. Bruxelles accuse Vivendi d’avoir violé les règles de concurrence en prenant le contrôle de Lagardère avant même d’en avoir notifié les autorités. Selon l’institution, le groupe exerçait une influence éditoriale déterminante sur des titres comme *Paris Match*, *Le Journal du Dimanche* ou Europe 1 dès avant octobre 2022. Une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires global est envisagée.
Vivendi a immédiatement contesté ces allégations, affirmant son intention de se défendre pour obtenir un non-lieu. Le groupe rappelle que cette mise en cause marque seulement le début de la phase contradictoire de la procédure. Les enquêteurs européens pointent notamment des interventions dans les choix rédactionnels et les nominations au sein des rédactions, des pratiques qui avaient déjà suscité des tensions, comme lors du remplacement de Bruno Jeudy par Laurence Ferrari à la tête de *Paris Match*.
Cette affaire s’ajoute aux précédentes polémiques autour de l’influence présumée de Vincent Bolloré sur les médias acquis, notamment lors de la restructuration d’Europe 1 et son rapprochement controversé avec CNews. Lagardère, désormais intégré au Louis Hachette Group, a quant à lui refusé de commenter ces développements. Entre pressions réglementaires et défis juridiques, Vivendi navigue en eaux troubles, sous le regard attentif des marchés et des observateurs.
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