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Une liaison maritime vers le Chili relance la bataille autour des Malouines
Des responsables des Malouines ont posé leurs valises à Punta Arenas pour remettre en service une ligne maritime vers le sud du Chili, une initiative qui…


Des responsables des Malouines ont posé leurs valises à Punta Arenas pour remettre en service une ligne maritime vers le sud du Chili, une initiative qui agace Buenos Aires à l’approche des premiers forages pétroliers de Sea Lion. L’Argentine menace de porter l’affaire devant la justice internationale si Londres ne freine pas le projet.
Des entrepreneurs des Malouines ont débarqué à Punta Arenas, dans le sud du Chili, pour remettre sur les rails une liaison maritime entre l’archipel et ce port chilien. La route avait été abandonnée dans les années 2000, faute de rentabilité. Cette fois, le calendrier n’a rien d’anodin. Buenos Aires voit dans ce rapprochement logistique un soutien déguisé au méga-projet pétrolier Sea Lion, dont les premiers forages doivent démarrer l’année prochaine dans l’Atlantique Sud, à proximité de l’archipel administré par Londres et revendiqué par l’Argentine.
Le président argentin Javier Milei a haussé le ton. Il a accordé au gouvernement britannique un délai de deux semaines pour freiner l’exploitation. Passé ce cap, il promet de saisir le Tribunal international du droit de la mer et qualifie le projet d’illégitime. Derrière cette sortie, une inquiétude précise, celle de voir le Chili prêter main-forte aux Malouines sur le plan logistique.
Sur place, la responsable adjointe du développement économique de l’archipel, Louise Ellis, balaie ces soupçons. La nouvelle ligne, qui doit être lancée d’ici décembre, n’a selon elle absolument aucun lien avec l’acheminement de cargaisons essentielles à Sea Lion. Elle rappelle que le projet de route a été imaginé avant le puits pétrolier et qu’il répond avant tout aux besoins des îles et de leurs habitants. L’archipel, qui compte 3 600 habitants, importerait surtout des matériaux de construction et des produits frais. Le navire, avec un aller-retour par mois, offrirait une capacité de 2 600 mètres cubes.
Cette liaison n’a pourtant rien d’une première. Elle reliait déjà les Malouines au Chili avant d’être stoppée dans les années 2000, jugée alors non viable. Sa réouverture rapprocherait l’archipel d’un port situé à 900 kilomètres, quand l’actuelle route vers Montevideo impose près de 2 000 kilomètres de mer.
Du côté argentin, la mise en garde ne date pas d’hier. Il y a quelques semaines, le ministre des Affaires étrangères Pablo Quirno évoquait l’assistance logistique que le Chili pourrait offrir aux Malouines dans les hydrocarbures et la pêche. Il assurait alors que Santiago partageait en principe la position argentine. Le président chilien José Antonio Kast, allié de Milei, s’est gardé de commenter les tensions entre Buenos Aires et Londres.
Le décor reste lourd d’histoire. Situées à 600 kilomètres des côtes argentines, les Malouines ont été le théâtre d’une guerre éclair en 1982. En 74 jours, le conflit a tué 649 Argentins et 255 Britanniques.
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