Monde
Un sommet Poutine-Zelensky sous médiation turque ? Moscou oppose une fin de non-recevoir

Le Kremlin conditionne toute rencontre au plus haut niveau à des avancées concrètes dans les négociations, alors que la Turquie propose d’organiser des discussions incluant Donald Trump.
La Russie a rejeté ce vendredi l’éventualité d’un sommet réunissant Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et Donald Trump sous l’égide du président turc Recep Tayyip Erdogan. Les autorités russes estiment qu’un tel format ne serait envisageable qu’après des progrès tangibles dans les pourparlers directs avec l’Ukraine. Cette position intervient alors que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, en visite à Kiev, avait évoqué la possibilité d’une médiation d’Ankara pour faciliter les échanges entre les dirigeants.
Les discussions bilatérales entre Moscou et Kiev se poursuivent dans un climat tendu. Une nouvelle rencontre est prévue lundi à Istanbul, après une première série de négociations jugées peu concluantes mi-mai. Le porte-parole du Kremlin a confirmé la participation d’une délégation russe, tout en soulignant que toute discussion au sommet nécessiterait au préalable des résultats concrets. L’Ukraine, de son côté, exige la transmission officielle d’un mémorandum détaillant les conditions de Moscou avant de s’engager formellement dans ces pourparlers.
Les divergences restent profondes entre les deux camps. La Russie réclame notamment la neutralité de l’Ukraine et la reconnaissance de ses annexions territoriales, des exigences inacceptables pour Kiev. Les Occidentaux, dont les États-Unis, soutiennent une trêve immédiate, mais Moscou y oppose une fin de non-recevoir, arguant qu’un cessez-le-feu sans accord préalable profiterait militairement à l’Ukraine. Les tensions diplomatiques s’accentuent alors que les forces russes continuent d’avancer sur le terrain, revendiquant la prise de plusieurs localités dans la région de Kharkiv.
La Turquie, alliée de l’Otan mais entretenant des relations équilibrées avec Moscou, tente de jouer les médiateurs. Cependant, les déclarations contradictoires et les blocages persistants laissent peu d’espoir à une résolution rapide du conflit. Les critiques fusent également du côté américain, où Donald Trump a récemment fustigé à la fois la Russie et l’Ukraine, tout en menaçant de retirer son soutien aux négociations si les hostilités se poursuivent. Dans ce contexte, la communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution des discussions, alors que la guerre entre dans sa troisième année avec un bilan humain toujours plus lourd.

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