Économie
Un prêt d’urgence pour les entreprises étranglées par le prix du carburant

Le ministère de l’Économie et Bpifrance dégainent un dispositif de crédit accéléré, destiné aux petites structures dont les comptes sont grevés par la flambée des prix à la pompe.
Un mécanisme de soutien financier ciblé vient d’être officialisé par les services du ministre de l’Économie. Baptisé « prêt flash carburant », ce dispositif vise à apporter une réponse rapide aux difficultés de trésorerie que rencontrent les très petites entreprises et les petites et moyennes entreprises les plus dépendantes des hydrocarbures. L’initiative, élaborée avec la banque publique d’investissement Bpifrance, fait suite aux engagements pris par le gouvernement pour atténuer l’impact économique des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur les coûts de l’énergie.
Les sociétés évoluant dans les secteurs des transports, de l’agriculture ou de la pêche pourront solliciter des montants compris entre cinq mille et cinquante mille euros. Pour en bénéficier, elles devront justifier que leurs dépenses en carburant représentent au moins cinq pour cent de leur chiffre d’affaires. Le prêt, accordé sans garantie, sera proposé à un taux fixe de 3,8 pour cent. Sa durée est fixée à trois ans, avec une période initiale de douze mois durant laquelle le remboursement du capital sera différé.
La procédure de demande a été conçue pour être intégralement dématérialisée, via la plateforme de Bpifrance, avec un objectif affiché de déblocage des fonds sous sept jours ouvrés. Des garde-fous ont été instaurés pour cibler l’aide et prévenir tout détournement. Les entreprises candidates doivent ainsi être immatriculées depuis plus d’une année et autoriser la banque publique à consulter leurs derniers relevés bancaires. Le dispositif sera accessible sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les départements et régions d’outre-mer.
Parallèlement à cette annonce, l’exécutif maintient son attention sur la formation des prix en amont. Le ministre de l’Économie a indiqué avoir saisi la Commission européenne pour qu’elle examine les marges pratiquées par les raffineurs sur le Vieux Continent, afin de s’assurer de l’absence de pratiques abusives. Cette démarche fait écho à des déclarations récentes de dirigeants de la grande distribution, qui ont publiquement interrogé les stratégies d’approvisionnement de certains acteurs majeurs du secteur pétrolier. Les contrôles sur les marges des distributeurs, engagés plus tôt dans l’année, avaient conduit à des sanctions pour environ cinq pour cent des stations-service inspectées.

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