Faits Divers
Un médecin face à ses victimes, des actes médicaux sans justification


Des témoignages poignants ont émaillé l’audience, décrivant des pratiques présentées comme thérapeutiques mais dénuées de tout fondement médical, tandis que l’accusé a tenté de justifier ses gestes par des protocoles qu’il qualifiait d’innovants.
Devant la cour criminelle de l’Hérault, un praticien de cinquante ans a présenté ses excuses après que treize jeunes patients, dont plusieurs atteints de troubles autistiques ou en situation de handicap, ont relaté des agissements qu’ils ont qualifiés d’inacceptables. L’homme, qui se présentait comme spécialiste de la sexualité adolescente, est poursuivi pour des faits survenus sur une période de trois ans et encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt années d’emprisonnement.
L’une des victimes, aujourd’hui âgée de 21 ans, a décrit des séances durant lesquelles le médecin appliquait une pommade sur ses parties génitales et le contraignait à des actes de masturbation chronométrés. Le jeune homme, qui souffre d’autisme, a souligné la confiance établie par le praticien, lequel le raccompagnait systématiquement après chaque consultation. Ces gestes, répétés à trente-sept reprises, ont été qualifiés par l’intéressé d’immonde et aberrant.
L’expertise médicale présentée à l’audience a fermement rejeté toute validité thérapeutique à de tels agissements. Un chirurgien urologue et sexologue a affirmé que la masturbation pratiquée dans ce cadre ne relevait en aucun cas d’un acte médical, dénonçant une obstination clinique injustifiable. Une pédiatre spécialisée en gynécologie des adolescentes a abondé dans ce sens, rappelant que certaines pratiques, comme le toucher rectal, n’étaient pas indiquées avant l’âge adulte.
La défense de l’accusé s’est articulée autour de l’invocation de protocoles qu’il disait novateurs, bien que ceux-ci aient été systématiquement contestés par les experts. Interrogé sur le consentement des patients, le prévenu a reconnu un possible manque de discernement, tout en maintenant que ses méthodes répondaient à une approche médicale originale. Il a en outre nié toute attirance physique à l’égard des jeunes gens qu’il a suivis.
Plusieurs parents ont exprimé leur désarroi, évoquant la confiance initiale placée en ce médecin, qui les avait pourtant mis en garde contre sa réputation. La mère d’un des adolescents concernés s’est effondrée à la barre, confiant sa honte et son sentiment d’avoir été trompée. Elle a précisé qu’elle avait veillé à ne jamais laisser son fils seul avec le praticien, sans pour autant soupçonner la nature réelle des examens.
L’homme, qui exerçait auparavant en gériatrie, s’était reconverti dans la santé sexuelle des adolescents, se présentant sous une spécialité inexistante en France, celle d’andrologue pédiatrique. Les audiences ont révélé que certaines consultations s’étaient déroulées à son domicile ou dans son véhicule, où il demandait aux patients de se masturber en sa présence, recueillait leur sperme et intervenait parfois directement, sans porter de gants.
Le jugement doit être rendu à l’issue de l’audition de onze autres personnes se disant victimes ou représentants de mineurs concernés.





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