Faits Divers
Un ancien patron des stups face à la justice pour une saisie historique de cannabis
_**L’ancien directeur de l’office anti-drogue comparaît à Bordeaux pour complicité présumée de trafic. Le procès s’ouvre en l’absence de son informateur-clé, incarcéré au Maroc.**_
L’audience correctionnelle s’est ouverte ce lundi à Bordeaux dans une affaire aux ramifications exceptionnelles, mettant en cause l’ancien responsable de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants. François Thierry, qui occupa ces fonctions de 2010 à 2016, est poursuivi pour complicité de trafic de stupéfiants et destruction de preuves. Les faits remontent à l’interception, en octobre 2015 dans le seizième arrondissement de Paris, de plus de sept tonnes de résine de cannabis, un volume record pour l’époque.
Le dossier, composé de soixante-dix tomes et impliquant dix-huit prévenus, a été délocalisé en Gironde en raison de sa complexité. Il soulève des questions cruciales sur les limites des méthodes d’infiltration et la relation entre les forces de l’ordre et leurs sources d’information. Le principal co-prévenu, Sophiane Hambli, un informateur central dans cette enquête, est absent des débats. Incarcéré au Maroc où il purge une peine, il n’a pu être transféré temporairement en France malgré les demandes du parquet.
La défense de l’ancien commissaire a immédiatement souligné les difficultés posées par cette absence. L’un des avocats a estimé que la manifestation de la vérité en serait compromise, une requête de renvoi ayant été rejetée par le tribunal. Ce dernier a considéré que la situation de l’informateur résultait de sa propre décision après une violation de son contrôle judiciaire et sa fuite à l’étranger en 2020.
Au cœur des accusations, figure une série d’opérations dites de « livraisons surveillées », baptisées « Myrmidon », menées sous la direction de François Thierry. Ces techniques, visant à infiltrer des réseaux criminels en laissant transiter des marchandises illicites sous contrôle, sont ici scrutées à la loupe. L’enquête cherche à déterminer si, lors de la saisie parisienne de 2015, l’informateur Sophiane Hambli aurait agi en dehors du cadre défini par les services, ou si les autorités judiciaires avaient été pleinement informées des modalités de l’opération.
L’ancien haut fonctionnaire, aujourd’hui âgé de cinquante-sept ans et reconverti dans un service administratif de la police nationale, conteste fermement les charges retenues contre lui. Il affirme que ses méthodes, dont certaines ont déjà donné lieu à un acquittement en 2024 pour des faits similaires remontant à 2012, étaient connues et validées par la magistrature. Le parquet avait d’ailleurs initialement requis un non-lieu en 2023, avant que les juges d’instruction n’ordonnent son renvoi en correctionnelle.
Cette affaire retentissante a eu des conséquences institutionnelles majeures. Elle a contribué à l’adoption d’une loi en 2019 destinée à encadrer strictement la pratique des livraisons surveillées. Parallèlement, elle a précipité la refonte des services spécialisés, avec la création de l’Office anti-stupéfiants, qui a remplacé l’ancienne structure. Les débats, qui se poursuivront jusqu’à la fin du mois, promettent d’éclairer les zones d’ombre persistantes d’un dossier qui a durablement marqué les pratiques policières en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants.
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